Daniel Cordier et Gérard Liger-Belair publient un nouvel article sur les bulles dans les mers de Titan

Publié le 29 mai 2018

Titan est le principal satellite de la planète géante Saturne. Parmi de nombreuses propriétés, plus intéressantes les unes que les autres, cet objet possède des mers et des lacs d’hydrocarbures. C’est, après la Terre, le seul endroit du système solaire où du liquide est présent en surface. Dans le cas de notre planète il s’agit d’eau ; dans celui de Titan, du fait de la température située autour de
-180°C, on a un mélange de méthane, d’éthane et de diazote. A la surface de deux mers de ces mers titaniennes, Kraken Mare et Ligeia Mare, un phénomène très curieux a été découvert grâce au RADAR de la sonde Cassini. En effet, des zones très brillantes sont apparues à la surface, pour ensuite disparaître. Ce phénomène, surnommé « Magic Islands » a déjà fait l’objet d’un article dans
Nature Astronomy, écrit notamment par deux chercheurs de l’URCA. Ces premières recherches étaient centrées sur le mécanisme physique susceptible de produire des bulles dans une mer d’hydrocarbures, les bulles pouvant être facilement détectées par un RADAR comme celui de Cassini.

Un nouvel article, écrit par Daniel Cordier et Gérard Liger-Belair, vient de paraître dans la revue The Astrophysical Journal, et a été distingué par l'American Astronomical Society. Ces nouveaux résultats montrent que le fond des mers de Titan, sont les lieux les plus favorables à la formation ou l'émission des bulles, ceci en comparaison avec des profondeurs plus modestes ou même la surface. Les arguments développés reposent principalement sur la possibilité de former les premières « microbulles » (on parle de « nucléation ») et sur les propriétés de réflexion des ondes RADAR de la colonne de bulles.

Des panaches de bulles existent dans les océans terrestres. Dans ce cas il s’agit de méthanegaz s’échappant du plancher océanique, et atteignant la surface après leur ascension le long de la colonne d’eau concernée. L’étude de ces analogues terrestres présente un grand intérêt car le méthane libéré participe au réchauffement climatique. Les deux chercheurs rémois, auteur de l’article paru dans The Astrophysical Journal, ont donc entamé une collaboration avec avec plusieurs chercheurs américains afin d’aller encore plus loin dans la compréhension de la physicochimique de cette « effervescence océanique ».