Apport du LiDAR aéroporté sur la compréhension des facteurs d’exokarstification en contexte de bas plateau, exemple de la Montagne de Reims (France)

Publié le 24 juin 2022

Apport du LiDAR aéroporté sur la compréhension des facteurs d’exokarstification en contexte de bas plateau, exemple de la Montagne de Reims (France), écrit par Julien Berthe, Alain Devos, Olivier Lejeune, Nicolas Bollot, Gilles Fronteau, Robin Perarnau et Sarah Ortonovi

Résumé :
La karstification des bas plateaux calcaires de l’est de la France est dominée par les karsts verts (sous forêt) et les karsts couverts ou de contact lithostratigraphique. La connaissance de la répartition spatiale de l’exokarst est difficile en forêts privées. C’est le cas en Montagne de Reims, sur le revers forestier de la côte d’Ile de France, à couverture cénozoïque, qui constitue un espace à forts enjeux patrimoniaux (Parc Naturel Régional (PNR), Forêt d’exception®, Réserves biologiques, inscription UNESCO), comprenant 33 % de forêts domaniales et communales morcelées dans 66 % de forêts privées. Une mission réalisée durant l’hiver 2017-2018 pour l’ONF et le PNR Montagne de Reims a permis de restituer un Modèle Numérique de Terrain (MNT) haute-résolution grâce au LiDAR aéroporté. Mais, la discrimination des morphologies naturelles et anthropiques s’avère indispensable dans ce contexte forestier aux importants héritages historiques (structures archéologiques, extraction des géomatériaux, polémo-paysages). Le traitement des images LiDAR combiné à une approche multi-critères sous SIG a permis la détection de plus de 750 dépressions karstiques réparties le long d’un liseré étroit et discontinu. Sur le front de côte, en amont pendage, il occupe essentiellement des replats structuraux alors que sur le revers, il s’inscrit dans des vallées où les dynamiques d’infiltration (en tête de talweg) et de soutirage (sur les versants) dominent. Cette répartition spatiale s’explique à l’échelle régionale, par le dispositif structural (héritage des conditions paléogéographiques du Thanétien) et par l’épaisseur de la couverture cénozoïque. A l’échelle locale, elle dépend du degré de grésification des calcarénites, du rôle des dynamiques d’écoulement (ordination des réseaux de talweg, gradient hydraulique) et de versant (mouvements de terrain). Elle témoigne également d’une karstogenèse récente (Holocène) mais complexe car étagée et polyphasée.

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