Appel à communications

Publié le 06 décembre 2018

Dans un contexte marqué par une injonction à la durabilité qui met l'accent sur la qualité de vie, les praticiens de l'aménagement et de l'urbanisme voient émerger une multitude d'actions émanant de collectifs d'habitants avec lesquelles ils ont du mal à dialoguer. Si certaines de ces actions prennent la forme d'oppositions de type NIMBY, nombre d'entre elles sont beaucoup plus constructives : elles peuvent créent des synergies entre savoir expert et savoir local. Certaines sont déclencheuses d'opérations d'aménagement comme lorsque des collectifs d'habitants se mobilisent autour des questions de mobilité douce ou de qualité de l'air en ville. D'autres enfin jouent un rôle de lanceur d'alerte, en attirant l'attention sur les risques systémiques de certains projets pour l'ensemble d’un tissu urbain. Ces mouvements pourraient devenir un véritable creuset d'innovation sociale.

Or, malgré les nombreux dispositifs dits "participatifs" qui ont vu le jour ces dernières décennies, la manière dont les populations concernées peuvent devenir actrices des transformations qui affectent leurs espaces de vie reste un impensé. La parole de la population n'est pratiquement jamais prescriptive et les habitants sont souvent réduits à un statut passif d'observateurs ou d'usagers. Cela crée un sentiment de frustration chez des personnes sollicitées dont les avis ne débouchent le plus souvent sur rien de concret. Cette situation, un peu infantilisante, alimente le sentiment qu'il existe un mur invisible entre ceux qui décident et ceux qui subissent, ce qui est paradoxal si l'on considère que l'objectif de ces dispositifs est précisément d'obtenir l'effet inverse.

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