Décembre 2017/Janvier 2108 - Rencontre avec Françoise Chuburu

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Françoise CHUBURU est enseignant-chercheur à l'Institut de Chimie Moléculaire de Reims (ICMR - UMR 7312 CNRS) et responsable scientifique URCA du Projet GadoLymph-EuroNanoMed 2013.

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Fiche d'identité du projet GADOLYMPH

  • Démarrage : 01/03/2014
  • Durée : 36 mois
  • Coordination : URCA
  • Partenaires : Université de Mons, KitoZyme, Université de Bucharest, CHU de Reims, Innov’orga.

Pouvez-vous nous présenter votre parcours et vos thématiques de recherche ?

J’ai effectué ma thèse à l’Université de Pau en chimie-physique sur la génération et la caractérisation d’espèces à courte vie par couplage pyrolyse éclair/ spectroscopie photoélectronique dans le laboratoire dirigée par le Dr. Pfister. J’ai effectué ma thèse sous sa direction et celle du Dr S. Lacombe et je dois dire que ces deux femmes ont été chacune à leur façon des modèles.

Puis, j’ai occupé un poste d’ATER à Pau avant de passer le concours de maître de conférences et être recrutée à l’Université de Bretagne Occidentale. J’ai intégré le groupe du Pr. Handel grâce à qui je me suis intéressée au développement de méthodes de fonctionnalisation sélectives de ligands azotés, et aux applications de ces ligands en complexation. J’ai obtenu mon habilitation à diriger des recherches (HDR) en 2002 et je suis arrivée en poste à Reims en tant que professeur d’université en 2003.

Je donne mes enseignements à l’IUT au Département Mesures Physiques et effectue mes activités de recherche à l’Institut de Chimie Moléculaire de Reims, dans le groupe Chimie de Coordination. L’équipe que j’anime s’intéresse à l’élaboration et la caractérisation de sondes métalliques pour la détection et l’imagerie. Dans ce cadre, nous nous intéressons tout particulièrement à l’amélioration de l’efficacité d’agents de contraste pour l’imagerie IRM.

Ceci nous a amenés à développer au sein de l’Institut une collaboration avec l’équipe de Pharmacotechnie du groupe Polymères. L’objectif de cette association est de développer des méthodes d’encapsulation totalement biocompatibles d’agents de contraste IRM, pour rendre ces agents hypersensibles. C’est dans ce contexte que s’inscrit le projet Gadolymph qui utilise des nanohydrogels à base de polymères biosourcés pour booster l’efficacité IRM de chélates de gadolinium.

Sur le site rémois et au niveau académique, le projet associe plusieurs chercheurs, de l’ICMR -Maïté Callewaert, Marie-Christine Andry, Cyril Cadiou et Juliette Moreau, du LRN - Michael Molinari et Alexandre Berquand, et enfin du CHU de Reims – Christine Hoeffel et Christophe Portefaix. Le projet repose également sur la collaboration que nous avons avec le laboratoire de RMN et Imagerie Moléculaire de l’Université de Mons actuellement dirigé par le Pr. Sophie Laurent.

Comment avez-vous eu connaissance de l’ERA-NET EuroNanoMed ?

Grâce aux sessions d’informations sur les différents programmes de recherche et dispositifs de financement existants organisés par la Cellule Projets Internationaux de l’URCA, nous avons identifié le programme EuroNanoMed comme une opportunité pour poursuivre nos travaux sur les nanogels de gadolinium.

Nous avons également bénéficié d’un appui de la part de Bernard Strée de l’agence régionale CARINNA (désormais ID Champagne Ardenne), affecté à 50% au sein de la Cellule. Ces deux soutiens ont permis au projet GadoLymph de voir le jour.

Qu’est-ce que GadoLymph et comment s’est construit le projet ?

Le projet GadoLymph a pour but de développer des nanohydrogels incorporant des chélates de gadolinium, capables d’être vectorisés au niveau des ganglions lymphatiques. L’objectif est de façon à détecter par IRM, de façon précoce et non invasive la présence de métastases dans ces ganglions.

La genèse du projet relève de plusieurs facteurs. En amont du projet Gadolymph, nous avions tout d’abord bénéficié d’une thèse financée par la Région Champagne Ardenne qui a permis de débuter les travaux sur la mise au point de ces nanogels hypersensibles en IRM. Sur la fin de cette thèse nous avons établi une collaboration avec l’UMons comme indiqué précédemment et nous avons conforté cette collaboration par un projet PHC Tournesol. Cela nous a permis de réfléchir à la pérennisation du sujet et du partenariat, puis d’écrire le projet Gadolymph en étendant la collaboration à nos partenaires de l’Université de Bucarest, au centre d’imagerie CMMI (Gosselies, Belgique) et à deux SME Innov’Orga (Reims) et Synolyne (Herstal, Belgique).

Le projet Gadolymph trouve actuellement un prolongement dans le projet Interreg Nanocardio. Nous sommes partenaires de ce projet tout comme l’Université de Gand, le projet étant porté par l’Université de Mons. Dans ce projet nous ambitionnons de développer des sondes bimodales IRM/optique pour la détection et la gradation des plaques athéroscléreuses.

Quelles ont été les difficultés que vous avez pu rencontrer sur ce projet ?

Tenir les délais, à tout niveau a été ardu. Un retard dans le recrutement d’un chercheur non permanent décale le projet expérimentalement mais pas administrativement. Il a fallu jongler. A tout bien considéré, les difficultés ont quand même été essentiellement des difficultés d’ordre expérimental. La reproductibilité des manipulations en imagerie a parfois posé problème, que ce soit en termes de caractérisation de nano-objets ou en imagerie petit animal.

Enfin, sur ce type de programme de recherche, il est fortement recommandé que les entreprises associées au partenariat soient en capacité de déposer des brevets, ce n’était pas vraiment le cas dans notre consortium en l’état.

En revanche, au niveau de l’ANR le processus s’est révélé très souple.

Quels conseils donneriez-vous à des chercheurs souhaitant déposer un projet EuroNanoMed ?

Le consortium est essentiel. Selon moi il faut déjà avoir une habitude de travail avec ses partenaires. Avoir publié avec eux est, je pense, un plus. Nous avions des collaborations existantes avec l’Université de Mons, ce qui nous a permis une très bonne entente sur le projet. Il en va de même avec l’Université de Bucarest, qui de son côté était déjà en contact avec UMons.

Il faut également que du point de vue administratif et scientifique, la communication soit fluide entre partenaires de pays différents et de spécialités différentes. C’est le rôle du coordinateur de faciliter les choses. J’avoue que j’ai eu la chance d’avoir des collègues réactifs et compréhensifs.

Enfin, je conseillerai d’associer la Cellule Projets Internationaux, dès le processus de montage du projet et de suivre les conseils que la cellule apporte. Dans notre cas, cette aide a été précieuse dans la rédaction des parties administratives (accord de consortium, management du projet, budget).