Mardi 3 mai 2022

Vincent Bonhomme
Vieux pépins et nouvelles données : dans l’intimité géométrique de la vigne

Étudier la forme pour comprendre le vivant est l'une des plus anciennes approches en biologie puisqu'elle remonte à Aristote. Depuis 30 ans, cette idée antique est révolutionnée par des développements mathématiques et logiciels et par l'avènement de la photographie numérique qui équipe désormais jusqu'à nos téléphones. Ces avancées ont donné naissance à la « morphométrie moderne », littéralement la mesure de la forme, qui permet de traduire la forme d'objets en nombres et ouvre la porte à l’analyse statistique. Appliquée aux organes des plantes comme les feuilles, les fruits et les graines, cette mesure de la forme fournit un point d'entrée pour mieux inventorier, diagnostiquer et comprendre la biodiversité sauvage et cultivée, dans le temps comme dans l'espace. Pour les restes archéobotaniques, où la forme des organes est bien souvent la seule donnée disponible, la morphométrie est une alliée de choix. Cette conférence, accessible et conviviale, présentera d’abord le contexte scientifique et les approches pour mesurer la forme, puis les derniers résultats de la science. Nous nous attarderons surtout sur la biologie de la vigne, l'histoire de la viticulture, notamment en région Champagne.

Références :

  • Bonhomme, V. et al. Pip shape echoes grapevine domestication history. Scientific Reports 11, 21381 (2021).
  • Bonhomme, V. et al. Seed morphology uncovers 1500 years of vine agrobiodiversity before the advent of the Champagne wine. Scientific Reports 11, 2305 (2021).
  • Bonhomme, V. et al. Eco-evo-devo implications and archaeobiological perspectives of trait covariance in fruits of wild and domesticated grapevines. PLOS ONE 15, e0239863 (2020).

➡ Intervenant :

Vincent Bonhomme est biologiste de l’évolution, spécialisé dans la reconstruction de l’histoire des plantes domestiquées à partir de la forme des restes archéobotaniques. Après une thèse sur l’évolution et l’écologie des plantes carnivores du genre Nepenthes, il se spécialise dans la mesure mathématique de la forme. Ses développements statistiques ont permis des gains résolutif et quantitatif majeurs pour la reconstruction de l’histoire et de la géographie des plantes domestiquées. Ses modèles de prédilection sont les céréales, la vigne, l’olivier et les arbres fruitiers. Il est aujourd’hui consultant, chercheur associé à l’université de Montpellier et concepteur de toilettes sèches à séparation.