Collection HAL - dépôts en ligne des publication des membres du CERHIC
Frédéric Gugelot, professeur d'histoire contemporaine et membre du CERHiC, a co-dirigé un numéro de la revue Archives de sciences sociales des religions sur les capitales catholiques.

Dans les pays les plus catholiques, les capitales comme Bruxelles, Paris, Port-au-Prince, Québec ou Rome ont cristallisé l’opposition traditionnelle entre les métropoles, lieux de perdition morale, et les villages, lieux de préservation de la foi ancestrale. Quelles stratégies de reconquête urbaine les catholiques ont-ils déployées depuis au moins deux siècles, conscients que l’avenir se joue aussi au centre ? Quelles lectures du monde urbain et quels imaginaires des villes ont-ils proposés ?
Dans ce dossier thématique, des spécialistes de différentes disciplines montrent que les mouvements catholiques ont engendré des dynamiques propres où la capitale s’est imposée comme « terre de mission » et objet de « croisades » pastorales à travers la popularisation de lieux de culte et l’inscription de signes visibles dans l’espace et le temps des villes.
Il s’agissait surtout de sauvegarder une communauté catholique bouleversée par les transformations rapides des sociétés occidentales aux XIXe et XXe siècles. Les étapes de la vie (naissance, initiation religieuse, mariage, mort) et les sphères de la société (mouvement de jeunesse, relations amicales et conjugales, loisirs, transmission des valeurs) ont ainsi dû être balisées à un moment où le maillage géographique et social s’est éloigné de la paroisse. Mais la reconquête de l’espace public par des tentatives de représentation politique s’est heurtée à la privatisation croissante de la croyance.
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Véronique Beaulande
On s’interroge ici sur la manière dont le piano s’est introduit dans la société française au tournant des XVIIIe et XIXe siècles, de quelle manière on a appréhendé son jeu, son enseignement et sa diffusion. Lieu d’étude idéal pour apporter des réponses à ces questions, le célèbre Conservatoire de Paris dépend à cette époque du Ministère de l’Intérieur, ce qui semble être une étrangeté ; puis il passe d’école de musique militaire à une notion de « musique pour la société », il intègre des élèves femmes, source de scandales, il se prétend « établissement-modèle en Europe », restant seul à Paris il oublie la Province, il est amené à choisir entre les nombreux rôles du piano : le soliste, le virtuose, l’accompagnateur, le solfégiste, l’harmoniste, il se demande comme il faut recruter ses professeurs, s’il peut recevoir les élèves étrangers ou non, et quantité d’autres questions qui touchent bien au-delà d’un école de musique, à la société toute entière de cette première moitié du XIXe siècle.



