Installation à l'URCA d'un nouveau serveur dédié à l'intelligence artificielle et aux big data

Vient d'être installé, au centre de calcul ROMEO de l'URCA, le tout nouveau serveur DGX-1, fruit d'un partenariat avec NVIDIA, fabricant mondial de cartes graphiques.
Quelques 300 chercheurs de différentes disciplines pourront exploiter ce nouvel outil qui ouvrira pour l'URCA les portes d'un leadership international en matière de formation des data scientists dans le domaine des activités agricoles.

►Débouchés potentiels pour la viticulture

Selon Christophe Clément, le directeur de l'Unité Vigne et Vins de Champagne (URVVC, EA4707, URCA), le serveur DGX-1 pourrait contribuer au développement d'une viticulture de précision. Placer des réseaux de capteurs dans le vignoble afin d'identifier les zones où les vignes subissent un déséquilibre physiologique (carence nutritionnelle, attaque de maladie) permettrait de localiser de façon fiable les sites problématiques au sein d'une parcelle. Forts de ces données collectées, les traitements adéquats pourraient alors être appliqués sur les seuls endroits de la parcelle qui le nécessiteraient, au lieu de l'être à la parcelle dans sa globalité. D'autres paramètres, sol ou données climatiques, qui ont une influence considérable sur la croissance et la santé de la vigne, pourraient aussi être pris en compte. Le viticulteur bénéficierait ainsi d'un ensemble de données qui l'amèneraient à terme à une conduite ciblée et intégrée du vignoble.

Une telle approche s'inscrit parfaitement dans le cadre du développement d'une viticulture durable soutenue par les instances nationales et européennes.

Une telle démarche pourrait amener l'URCA à se positionner sur un projet pluridisciplinaire, en lien étroit avec les professionnels du secteur.

Débouchés possibles pour l'effervescence

Gérard LIGER-BELAIR du département Effervescence, Champagne et applications du GSMA (UMR-CNRS, 7331, URCA) rappelle que les capacités du supercalculateur ROMEO ont déjà été utilisées afin de mieux comprendre la formation et le grossissement des bulles de gaz carboniques à l'origine de l'effervescence du champagne et des boissons gazeuses au sens large.

Lors d'un travail de thèse (CIFRE) financé par la société Bull, les chercheurs s’étaient penchés de très près sur la mobilité des molécules de CO2 au sein d'une solution hydroalcoolique (telle que le champagne). Cette mobilité conditionne la vitesse d'apparition des bulles et leur grossissement lorsqu'elles remontent dans le verre. Le projet de thèse reposait essentiellement sur la simulation de mouvements moléculaires avec champs de force classique ainsi que sur la comparaison avec les données théoriques et expérimentales disponibles.

Ce travail exploratoire avait fourni des résultats très encourageants et avait donné lieu à plusieurs publications internationales. Le département Effervescence, Champagne et applications souhaiterait le poursuivre à l'avenir afin d'affiner son approche en modélisant cette fois-ci la mobilité des molécules de CO2 au sein de milieux poreux (comme le sont les petites poussières de cellulose à l'origine de la formation des bulles dans un verre). Les performances du supercalculateur et du nouveau serveur DGX-1 pourraient alors être utilisées pour mieux comprendre la façon dont les gouttelettes de champagne libèrent les arômes lorsqu’elles jaillissent à haute vitesse au-dessus de la surface du champagne (lorsqu'elles sont dispersées par les bulles qui éclatent).

Pour plus d'informations sur le serveur DGX-1, contacter Michaël KRAJECKI, directeur du centre de calcul ROMEO : michaël.krajecki@univ-reims.fr