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Une nouvelle technologie révolutionne la biosurveillance de la qualité de l’eau

Une nouvelle technologie révolutionne la biosurveillance de la qualité de l’eau

L’Université de Reims Champagne-Ardenne se félicite de la signature d’une licence d’exploitation exclusive de la technologie BIOVERSIGHT, développée au sein de ses laboratoires, par la SATT Nord au bénéfice de la startup Elidreo.
Ce transfert technologique marque une étape déterminante dans la valorisation de plus de dix années de recherche académique en écotoxicologie aquatique et constitue une avancée majeure pour la protection des milieux aquatiques et l’évaluation de la qualité de l’eau, enjeux centraux des politiques publiques environnementales.

La qualité de l’eau : un enjeu scientifique et sociétal majeur

Ressource indispensable à la vie, l’eau est soumise à de multiples pressions liées aux activités humaines (transport, industrie, agriculture, établissements de santé, usages domestiques). Ces pressions génèrent des pollutions susceptibles d’altérer durablement la biodiversité aquatique et de poser des risques pour la santé humaine.

La protection de la ressource en eau repose aujourd’hui sur deux piliers essentiels :

  • le maintien de la biodiversité et des services écosystémiques associés,
  • une réflexion stratégique croissante sur la réutilisation et la sécurisation des ressources en eau.

Dans les pays industrialisés, l’évaluation de la qualité de l’eau s’appuie principalement sur des analyses physico-chimiques et microbiologiques encadrées par des référentiels réglementaires européens et nationaux. Si ces méthodes sont indispensables, elles présentent toutefois des limites, notamment face à la complexité des matrices environnementales et à la présence de contaminants toxiques difficiles à identifier et à tracer.

Le vivant au cœur de l’innovation scientifique

Face à ces limites, la communauté scientifique s’intéresse de plus en plus à l’utilisation du biote — l’ensemble des organismes vivants d’un milieu — comme outil de biosurveillance. Les organismes sentinelles (mollusques, invertébrés, etc.) permettent en effet d’accéder à des informations clés sur la toxicité globale et la biodisponibilité réelle des contaminants, souvent invisibles aux seules approches analytiques classiques.

C’est dans ce contexte que s’inscrit la technologie BIOVERSIGHT, issue des travaux de recherche menés à l’Université de Reims Champagne-Ardenne.

BIOVERSIGHT : une technologie innovante au service de l’eau

BIOVERSIGHT est une solution de biosurveillance standardisée utilisant comme espèce sentinelle la dreissène, plus connue sous le nom de moule zébrée (Dreissena polymorpha). Ce mollusque bivalve est reconnu pour sa grande sensibilité aux contaminants et sa capacité à intégrer les pollutions chimiques et microbiologiques présentes dans le milieu aquatique.

Facile à mettre en œuvre, cet outil de diagnostic permet :

  • d’identifier le niveau de pollution pour une large gamme de contaminants chimiques (métaux, pesticides, PCB, hydrocarbures…),
  • de détecter des contaminants microbiologiques (bactéries, virus),
  • d’accompagner les gestionnaires de l’eau et les industriels dans la prévention des risques liés à la dégradation de la qualité de l’eau.

BIOVERSIGHT vient ainsi compléter les outils analytiques conventionnels et peut être mobilisé dans de nombreux contextes : eau destinée à la potabilisation, projets de réutilisation des eaux, ou encore études d’impact de rejets de stations d’épuration.

Dix ans de recherche académique en écotoxicologie aquatique

La technologie BIOVERSIGHT est le fruit des travaux menés par l’unité Stress Environnementaux et BIOsurveillance des milieux aquatiques (SEBIO – UMR-I 02), rattachée à l’Université de Reims Champagne-Ardenne, en partenariat avec l’INERIS et Le Havre.

Depuis plus de dix ans, ce laboratoire développe des recherches de pointe en écotoxicologie aquatique et se distingue par sa participation à de grands programmes nationaux et européens (H2020, Interreg, ANR, PIA). Il contribue activement à structurer la réflexion scientifique autour de la bioévaluation des impacts écotoxiques sur les masses d’eau.

Les travaux de SEBIO portent sur l’étude des effets toxiques de contaminants émergents et sur le développement d’outils innovants tels que bioessais, biomarqueurs et indicateurs biologiques.

Un accompagnement structurant pour la valorisation et l’innovation

La SATT Nord a joué un rôle déterminant dans la maturation de la technologie BIOVERSIGHT, avec un financement global de 171 500 €. Ce soutien a permis de standardiser le modèle expérimental basé sur la dreissène et de démontrer l’efficacité du bioessai pour le suivi de cibles microbiologiques.

Ces développements ont été menés en collaboration avec des partenaires opérationnels majeurs, notamment le SEDIF et ACTALIA, renforçant ainsi la robustesse scientifique et applicative de la solution.

Par ailleurs, l’Université de Reims Champagne-Ardenne accompagne la startup Elidreo à travers son Pôle Universitaire d’Innovation InnoRem, favorisant les synergies entre recherche, innovation et entrepreneuriat, et consolidant les liens entre l’entreprise et les laboratoires académiques.

Une ambition commune pour la protection durable de l’eau

À travers la création et le développement d’Elidreo, l’Université de Reims Champagne-Ardenne illustre son engagement en faveur du transfert de technologies issues de la recherche publique vers des solutions concrètes au service de la société.
La normalisation envisagée du bioessai, notamment auprès de l’AFNOR, et la poursuite des collaborations scientifiques témoignent d’une ambition partagée : accélérer l’accès à des outils sensibles, robustes et opérationnels pour relever les défis croissants de la qualité de l’eau et contribuer à la protection durable des ressources aquatiques.