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Une bourse Fulbright pour améliorer la qualité de vie des patients atteints de cancer

Réduire les effets indésirables de la chimiothérapie et améliorer durablement la qualité de vie des patients : tel est l’objectif qui guide les recherches de Florian Slimano, pharmacien maître de conférences des universités-praticien hospitalier (MCU-PH) à l’Université de Reims Champagne-Ardenne et au CHU de Reims. Lauréat d’une prestigieuse bourse Fulbright – Région Grand Est, il s’est envolé le 9 septembre pour un an à l’Université du Michigan, aux États-Unis, afin de poursuivre ses travaux sur un enjeu majeur de la cancérologie.

Comprendre et prévenir une toxicité invisible

La chimiothérapie, si elle permet de guérir de nombreux cancers, entraîne parfois des séquelles durables. Parmi elles, les neuropathies périphériques chimio-induites, lésions nerveuse entrainant : douleurs, engourdissements, perte de sensibilité des mains et des pieds. Des troubles parfois irréversibles, pour lesquels il n’existe à ce jour ni traitement préventif, ni solution curative efficace.

« Ces effets indésirables surviennent fréquemment, progressent avec le temps et altèrent profondément la qualité de vie des patients, y compris des années après leur guérison », explique Florian Slimano.

Identifier les biomarqueurs du risque

Son projet repose sur un objectif clair : identifier des biomarqueurs capables de prédire quels patients sont les plus à risque de développer ces atteintes neurologiques, notamment avec les médicaments de la famille des taxanes (paclitaxel, docétaxel).

Concrètement, il s’agit d’analyser de vastes bases de données cliniques et génétiques pour repérer des signaux biologiques (mutations, protéines, paramètres physiologiques) corrélés à la survenue de neuropathies. Ces biomarqueurs, une fois validés, pourront être utilisés pour adapter les doses de chimiothérapie ou choisir des schémas de traitement alternatifs.

« L’enjeu est que le traitement du cancer ne soit plus systématiquement synonyme de séquelles inévitables. Identifier ces marqueurs prédictifs permettrait de prévenir plutôt que de subir », souligne le chercheur.

Une collaboration d’envergure internationale

À Ann Arbor, il intégrera le laboratoire du Dr Daniel Hertz, reconnu pour son approche translationnelle, c’est-à-dire orientée vers l’application clinique directe. « Je suis depuis quelques années avec attention les travaux de son laboratoire. C’était pour moi une évidence de collaborer avec eux », confie Florian Slimano.

Ce séjour ouvrira également de nouvelles perspectives de collaboration avec les équipes rémoises, notamment l’Institut d’Intelligence Artificielle en Santé (IIAS), pour croiser compétences locales et expertise américaine dans l’exploitation de données massives.

Une reconnaissance prestigieuse et de nombreux soutiens

Obtenir la bourse Fulbright représente un moment fort pour le chercheur : « J’ai connu le programme Fulbright via un ancien lauréat, ce qui m’a poussé à candidater. J’ai d’abord été retenu pour une présentation orale de mon projet, et j’ai finalement eu la chance d’être sélectionné. Je suis extrêmement honoré de ce soutien de la part d’un programme aussi prestigieux. J’ai récemment pris à nouveau la mesure de cette reconnaissance lorsque j’ai vu l’enthousiasme avec lequel mes futurs collègues américains ont accueilli cette nouvelle. »

Ce projet n’aurait toutefois pas été possible sans un large soutien institutionnel et humain. Florian Slimano tient à remercier l’Université de Reims Champagne-Ardenne, le CHU de Reims et son fonds d’action, la Région Grand Est via le programme Fulbright, la Fondation pour la Recherche et l’Innovation en Pharmacie Hospitalière, ainsi que ses collègues, son doyen et ses mentors. « Je réalise la chance que j’ai d’être soutenu dans ce projet », témoigne le chercheur.