MyEasyAI : quand l’intelligence artificielle s’invite dans les champs de betteraves
Et si l’intelligence artificielle devenait un allié concret des agriculteurs ? C’est le pari de MyEasyFarm en partenariat avec Cristal Union et le laboratoire LICIIS de l’Université de Reims Champagne-Ardenne, qui développe MyEasyAI, une solution innovante dédiée à la filière betteravière,
L’objectif est clair : utiliser la puissance des données pour accompagner la transition vers une agriculture plus durable, sans alourdir le quotidien des exploitants.
L’IA pour relever les défis de la filière betteravière
Le secteur agroalimentaire est sous pression : il représente près d’un tiers des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Dans le Grand Est, la filière betteravière doit à la fois faire face aux aléas climatiques et répondre à de nouvelles exigences de transparence (CSRD, SBTi FLAG).
MyEasyAI souhaite transformer la donnée agricole en levier stratégique. L’objectif est simple : permettre aux acteurs de la filière de piloter leur transition de manière précise, mesurable et vérifiable.
Un assistant décisionnel pour une agriculture durable
Soutenu par la recherche publique et ancré dans les réalités du terrain, MyEasyAI développe un assistant avec pour objectif de :
- Fiabiliser la donnée : faciliter la collecte et vérifier la cohérence des données issues des exploitations.
- Accompagner le conseil : aider les coopératives à adapter leurs recommandations à chaque contexte pédoclimatique.
- Piloter la durabilité : offrir aux équipes RSE des outils avancés pour suivre leurs trajectoires de décarbonation.
Au cœur du projet : la création d’un jumeau numérique de l’exploitation agricole, une réplique virtuelle permettant d’anticiper les décisions et d’en mesurer les impacts avant leur mise en œuvre.
“Le laboratoire LICIIS apporte l'expertise en intelligence artificielle appliquée au milieu agricole. On travaille avec deux types de données très différents : les relevés terrain des agriculteurs et les images satellites”, détaille Luiz Angelo STEFFENEL, Directeur du Laboratoire LICIIS - LRC CEA DIGIT. “On va développer des modèles d'apprentissage capables de croiser ces sources pour détecter des patterns, suivre l'évolution des cultures dans le temps, et identifier des pratiques agricoles favorables à la réduction des émissions de CO₂. Ce n'est pas juste de l'analyse de données, c'est transformer des gigaoctets d'information brute en recommandations actionnables pour la filière. Ce projet s'inscrit pleinement dans la stratégie de notre université en faveur de la transition écologique et du développement durable”.
La recherche au cœur des transitions
La culture de la betterave est stratégique pour le territoire du Grand Est. Elle est aussi confrontée à des défis majeurs : changement climatique, pression réglementaire, exigences de décarbonation.
Le projet, doté d’un budget de 1,6 million d’euros avec le soutien de l’Union européenne et de la Région Grand Est, vise notamment :
- une réduction significative des émissions de gaz à effet de serre,
- une meilleure gestion de l’eau,
- un pilotage plus fin des pratiques agricoles.
L’enjeu n’est pas seulement technique. Il est aussi social et territorial : donner aux agriculteurs les moyens d’agir, en s’appuyant sur la recherche publique et l’innovation collaborative.
La participation du laboratoire LICIIS de l’URCA illustre le rôle central de l’université dans cette dynamique. En croisant sciences numériques, modélisation et connaissance des systèmes agricoles, la recherche devient un levier d’émancipation : elle transforme la donnée en pouvoir d’agir.

