Journée d’études L’universel des milieux vivants en commun - 14 octobre 2020

Le projet de recherches L’universel des Milieux Vivants en commun vise à tester l’hypothèse que c’est par une réflexion sur l’universel qu’on pourra pleinement agir dans la protection des écosystèmes. Mais cela engage une nouvelle conception de l’universel décentrée de l’humain et refondée dans les milieux vivants (qui incluent l’espèce humaine). Il s’agit de définir dans une perspective universaliste la notion de milieu vivant à partir des trois notions individu vivant/espèce/milieu et de la notion de socio-écosystème qui comporte plusieurs espèces vivantes et donc plusieurs milieux relatifs aux différentes espèces qui y sont présentes, y compris les humains. Montaigne a bien montré que n’est pas barbare ni sauvage celui que l’on nomme tel – l’autre, l’étranger, le barbare – mais celui qui le nomme tel parce qu’il s’est détourné de l’ordre commun par artifice. La pluralité culturelle est un outil extraordinaire pour faire surgir, dans le retour critique de l’humanité sur elle-même, un sens de l’universel. Cependant, si l’on élargit la notion de culture aux animaux comme des études de plus en plus nombreuses d’éthologie nous incitent à le faire, un nouveau défi surgit pour penser l’universel : nous devons penser l’universel au sein du monde vivant et non plus seulement humain. Fin 2014, la 11ème conférence de la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage, conclue sous l'égide de l’ONU, à laquelle la France a adhéré en 1990, a adopté la 23ème résolution qui reconnaît officiellement l’existence de cultures animales. L’existence des cultures non humaines est connue depuis longtemps, mais la nouveauté est qu’elles sont reconnues officiellement, et, ce détail a son importance, par l'appellation « culture non humaine » et non par des termes atténués tels que « proto-culture » ou « préculture ». C’est cette culture non humaine qui fait irruption dans la théorie de l’acteur-réseau et démarque le biotique de l’abiotique.

Un nouveau défi surgit alors pour penser l’universel sans faire disparaître la pluralité culturelle humaine et animale. Il s’agit non pas d’opposer l’un et le multiple, l’universel et la pluralité, mais de penser l’universel comme émanant de cette pluralité. Et la pluralité culturelle elle-même n’oppose plus nous, les humains, et les animaux qui seraient sans culture et inféodés à l’instinct, mais nous oblige à un retour critique sur ce que nous appelons culture et qui doit dorénavant inclure les cultures et techniques animales. Cette refonte du terme culture implique à son tour un retour critique sur nous-mêmes comme faisant partie du monde du vivant. Il importe alors, pour donner à l’universel une nouvelle épaisseur de sens, de le réfléchir au prisme des milieux vivants et non simplement de l’humain. Il s’agirait toujours de penser les droits humains à partir de l’universel, il s’agirait aussi de penser les droits animaux (protection des transmissions de connaissance des mammifères socialement complexes, protection des animaux comme sujets d’une vie) à partir de l’universel, il s’agirait enfin de penser les droits des milieux vivants à partir de l’universel.

Le projet dont la durée est prévue sur 9 mois se donne un objectif double : organiser une journée scientifique sur la question de l’universel des milieux vivants le 14 octobre 2020, mettre en place une collection Sciences Humaines et Sociales et Développement Durable prioritairement aux Epure ou chez un autre éditeur scientifique, ce qui permettra de publier les travaux qui s’inscrivent dans ce cadre des SHS et de la recherche sur le développement durable.

Contacts :
Véronique LE RU (CIRLEP) veronique.le-ru@univreims.fr
Jon MARCO CHURCH (HABITER) jon-marco.church@univreims.fr

Consultez les documents liés à l'évènement ici:

201014 Affiche JE milieux vivants
201014 Programme prévisionnel
201014 Résumé interventions
201014 Prévention coronavirus