Soutenance de thèse de Pierre-Yves Ancelin le 27 mars 2026
Pierre-Yves Ancelin soutiendra sa thèse "Les fortifications Seré de Rivières comme reliefs anthropiques : morphogenèse, trajectoires paysagères et implications géopatrimoniales. Approche archéogéomorphologique (LiDAR, SIG, archives) de la ceinture fortifiée de Reims (Marne, France)" le 27 mars 2026 à 14h dans l'amphithéâtre Recherche du campus Croix Rouge de l'URCA, bâtiment 13. La soutenance sera également diffusée sur Youtube : https://www.youtube.com/@julienberthe568.
Résumé :
Cette thèse propose une lecture géomorphologique des fortifications Séré de Rivières de la ceinture de Reims, envisagées comme des reliefs anthropiques à part entière. Elle vise à analyser la morphologie, la morphogenèse et les trajectoires paysagères de ces ouvrages construits entre 1874 et 1885, afin d’en éclairer les héritages environnementaux et géopatrimoniaux contemporains. L’approche développée repose sur l’exploitation croisée des données LiDAR aéroportées, des sources historiques et cartographiques et des observations de terrain (géomatériaux, végétation), permettant de replacer les formes visibles aujourd’hui dans une trajectoire morphogénétique polyphasée dominée par les actions humaines.
Les résultats montrent que les forts constituent des formes anthropiques résultant d’un événement géomorphologique majeur à la fin du XIXe siècle, dont les effets ont été remaniés par les modernisations militaires, les destructions de la Première Guerre mondiale et les recompositions civiles postérieures. L’analyse met en évidence une forte standardisation morphologique des ouvrages, tout en soulignant le rôle des contextes géomorphologiques locaux dans leurs modalités d’implantation et leurs trajectoires d’évolution. Les états actuels de conservation apparaissent ainsi comme le produit d’histoires d’usage différenciées, conditionnant la lisibilité morphologique des forts et leurs implications environnementales et territoriales.
En replaçant ces reliefs dans les cadres de l’anthropogéomorphologie, de l’archéogéomorphologie et des réflexions récentes sur la géodiversité, la thèse contribue à une meilleure reconnaissance des formes héritées des conflits comme composantes à part entière des socio-géo-écosystèmes contemporains. Elle propose une grille de lecture transférable à d’autres contextes fortifiés et ouvre des perspectives pour l’identification, la gestion et la valorisation de ces reliefs anthropiques dans les politiques d’aménagement et de patrimoine.