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01 avril
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De Reims à la Silicon Valley : immersion des étudiants du master CHPS à GTC 2026

Lundi 16 mars, Jensen Huang, dirigeant de NVIDIA, monte sur la scène du SAP Center à San José, en Californie, pour ouvrir l’édition 2026 de la conférence annuelle GTC. Près de 35 000 participants, venus de 190 pays, sont réunis pour assister à plus de 700 sessions réparties sur quatre jours, faisant de cet événement l’un des rendez-vous mondiaux majeurs du calcul haute performance, de l’intelligence artificielle et de l’informatique graphique.

GTC 2026 débute par l’habituelle keynote de Jensen Huang, keynote qui marque un changement de paradigme profond : NVIDIA ne se positionne plus comme simple fournisseur de puces, mais comme architecte d’AI factories complètes, où l’infrastructure transforme énergie et données en tokens, nouvelle unité de valeur économique. La performance se mesure désormais en tokens par seconde et par watt, avec une priorité clairement donnée à l’inférence, devenue dominante face à l’entraînement. Enfin, la fin de la loi de Moore est actée : les gains viennent désormais de l’informatique accélérée, reposant sur une co-conception étroite du matériel, du réseau et du logiciel à l’échelle du rack, afin de dépasser les limites purement matérielles.

Parmi cet auditoire international, figurent neuf étudiants du master CHPS (Calcul Haute Performance et Simulation) de l’Université de Reims Champagne-Ardenne, accompagnés de trois enseignants. Dignes représentants de l’URCA, ils ont eu l’opportunité exceptionnelle de plonger, durant plusieurs jours, au cœur de l’écosystème mondial de l’IA, du HPC et de l’informatique graphique.

Au-delà des annonces technologiques spectaculaires, la participation à GTC constitue avant tout une expérience pédagogique hors normes. Assister à des keynotes de dirigeants mondiaux, suivre des conférences de chercheurs de premier plan, découvrir des démonstrations industrielles à grande échelle et échanger avec des ingénieurs, entrepreneurs ou doctorants venus du monde entier permet de donner une dimension concrète aux notions abordées en cours. Les architectures GPU, les interconnexions à très haut débit, l’optimisation logicielle ou encore les enjeux énergétiques du calcul intensif prennent ici une réalité tangible, observable et débattue.

Ce séjour a également été un accélérateur de projection professionnelle. Confrontés à la vitesse d’innovation, à la proximité entre recherche et industrie et à la culture de collaboration internationale propre à ces événements, les étudiants ont pu mieux appréhender la diversité des parcours possibles après le master : poursuite en doctorat, intégration dans de grands groupes technologiques, startups deeptech ou carrières à l’international. GTC agit ainsi comme un révélateur : il aide à se situer, à affiner ses ambitions et à mesurer les compétences encore à développer.

Enfin, cette expérience collective a renforcé la cohésion du groupe et la confiance des étudiants dans leur capacité à évoluer dans des environnements scientifiques et technologiques de tout premier plan. Elle illustre pleinement l’importance de l’ouverture internationale et du soutien institutionnel dans la formation des futurs spécialistes du calcul, de l’IA et de l’informatique graphique.

Dans la suite de cet article, les étudiants du master CHPS livreront leurs retours personnels : conférences marquantes, découvertes technologiques, rencontres inspirantes, comparaison entre écosystèmes français et américain, impact sur leurs projets professionnels et académiques. Autant de regards complémentaires qui viendront donner une dimension humaine et vécue à ce voyage au cœur de GTC 2026.

Regards croisés d’étudiants

  • Quentin – IA guidée par la physique et simulation du futur

Parmi les nombreuses conférences suivies, Quentin a été particulièrement marqué par une session consacrée à la simulation temps réel basée sur l’IA guidée par la physique. Présentée par Jeff Larkin, directeur HPC chez NVIDIA, cette intervention a mis en lumière une transformation profonde des processus d’ingénierie : l’intégration de modèles d’IA capables de compléter, voire de remplacer, les solveurs numériques classiques pour simuler des systèmes complexes en temps réel.

Au-delà de l’innovation technique, c’est la vision globale qui l’a marqué : des outils quasi-clé en main, s’appuyant sur des briques open source, capables d’automatiser toute la chaîne de simulation, du design à l’analyse des résultats, tout en exploitant pleinement l’accélération GPU. Cette approche fait directement écho à son projet professionnel et de recherche. Le voyage lui a permis à la fois de résoudre des problématiques concrètes rencontrées en alternance sur des plateformes NVIDIA, et de nourrir un projet de thèse en cours de montage autour de l’intégration de modèles inspirés par la physique dans des logiciels multiphysiques. GTC a ainsi renforcé la cohérence entre formation, recherche et application industrielle.

  • William – Découvrir les jumeaux numériques et changer d’échelle

William a découvert à GTC un usage de l’IA qu’il n’aurait jamais imaginé auparavant : les digital twins, ou jumeaux numériques. Introduit lors de la keynote d’ouverture de Jensen Huang, ce concept lui est d’abord apparu abstrait, avant de prendre tout son sens au fil des échanges avec les exposants et des conférences techniques.

Reproduire un environnement réel en 3D, intégrer un maximum de paramètres physiques et contextuels, puis entraîner des robots ou des systèmes autonomes directement dans ce monde virtuel : cette approche lui a révélé une nouvelle façon de concevoir l’IA appliquée au terrain.

Il a également été frappé par la visibilité et la maturité de l’écosystème technologique américain. À San Francisco, l’IA et le HPC sont omniprésents, jusque dans l’espace public. Des notions très pointues y sont largement diffusées, révélant une différence culturelle forte avec la France : ici, la technologie de pointe fait pleinement partie du quotidien.

  • Maxime – Être au cœur de ce qui façonne le futur

Pour Maxime, le moment “waouh” de GTC tient avant tout à une prise de conscience : celle de l’échelle. L’ampleur des keynotes, le niveau des intervenants et la densité des échanges donnent le sentiment d’être directement au cœur de ce qui façonne le futur du numérique.

Les discussions informelles, souvent aussi riches que les conférences, ont ouvert de nouvelles perspectives sur les métiers, les projets et les trajectoires possibles. Le séjour aux États-Unis l’a également marqué par une culture très affirmée de l’ambition et de l’audace, résumée par une philosophie omniprésente : build fast, think big.

Pour lui, intégrer davantage ce type d’événement au cursus universitaire serait un véritable atout. Ces expériences apportent motivation, réseau et compréhension concrète des enjeux industriels, bien au-delà de ce que les cours seuls peuvent transmettre.

  • Clément – Le lien étroit entre recherche et industrie

Clément a été particulièrement frappé par la proximité entre recherche et industrie aux États-Unis. Laboratoires, grandes entreprises et startups collaborent étroitement, souvent sur des projets communs, dans une dynamique d’innovation continue. Les chercheurs ne travaillent pas en vase clos : leurs résultats trouvent rapidement des applications concrètes.

Cette immersion lui a permis de mieux comprendre que l’efficacité d’une collaboration repose autant sur la maîtrise technique que sur la capacité à partager, dialoguer et co-construire. En tant qu’étudiant du M2 CHPS, il en ressort avec une vision plus affirmée de son rôle futur : celui d’un intermédiaire capable de faire le lien entre recherche académique, innovation technologique et application industrielle.

  • Timothé – L’IA comme brique du HPC, et une culture d’ingénierie inspirante

La participation à GTC a permis à Timothé de mieux comprendre la place que prendra l’intelligence artificielle dans les métiers du calcul haute performance. Les conférences suivies ont montré comment l’IA s’intègre désormais dans des pipelines HPC existants, non pas pour remplacer les simulations physiques, mais pour en accélérer certaines étapes ciblées.

Il retient notamment des approches de neural rendering, où des modèles d’IA permettent de compresser efficacement des données volumineuses utilisées en visualisation ou de modéliser des comportements de matériaux complexes, difficiles à formaliser mathématiquement. L’évolution des architectures matérielles confirme selon lui cette tendance : l’IA devient une brique spécialisée du HPC, intégrée aux applications pour améliorer leurs performances.

Sur le plan humain, la visite des locaux de NVIDIA et les échanges avec des ingénieurs l’ont particulièrement marqué. Il y a découvert une culture où l’initiative et la pertinence technique priment sur la hiérarchie, illustrant les opportunités offertes à de jeunes ingénieurs capables d’avoir un impact concret sur des projets d’envergure.

  • Antoine – Réseauter à l’échelle mondiale

Antoine a multiplié les échanges avec des professionnels et chercheurs venus du monde entier, dans les salons, les files d’attente ou les espaces d’exposition. Il a notamment réalisé une interview d’un ingénieur logiciel lors du salon des startups et noué de nombreux contacts internationaux, notamment au sein de NVIDIA.

Ces échanges lui ont permis d’améliorer son anglais, de mieux comprendre les enjeux actuels du HPC et de l’IA – accès aux GPU, carrières aux États-Unis, fonctionnement des grandes entreprises technologiques – mais aussi d’élargir considérablement son réseau.

À un futur étudiant, il dirait sans hésiter de se lancer : participer à GTC, c’est vivre une expérience unique, intense et exigeante, dans une ambiance à la fois accueillante, passionnante et profondément inspirante, au cœur de la Silicon Valley.

  • Alex – Donner du sens aux enseignements du M2 CHPS

Pour Alex, GTC a permis de mettre en perspective les enseignements du master CHPS : intelligence artificielle, calcul haute performance, accélération GPU, visualisation et simulation. Voir ces notions appliquées dans des contextes industriels concrets donne une tout autre dimension aux cours et en renforce la compréhension.

S’il ne se projette pas nécessairement aux États-Unis, cette expérience a renforcé son ouverture à des opportunités internationales, notamment en Europe. Le voyage a confirmé que les compétences acquises au sein du master sont pleinement pertinentes à l’échelle mondiale.

  • Eliot – Une énergie collective et un regain de motivation

Eliot décrit GTC comme un événement à la fois impressionnant et extrêmement stimulant. Des milliers de participants, une énergie constante, des idées qui fusent, des démonstrations technologiques spectaculaires : tout concourt à donner le sentiment d’être plongé au cœur de l’innovation mondiale.

Ce séjour a eu un impact fort sur sa motivation et sa confiance. En observant le niveau d’expertise et les projets en cours, il a pu se projeter plus concrètement dans son avenir professionnel, avec l’envie d’apprendre davantage et de contribuer, à son échelle, aux technologies de demain.

  • Wejdane – Une expérience humaine, académique et collective

Pour Wejdane, GTC 2026 a été une expérience profondément enrichissante, tant sur le plan personnel qu’académique. Être entourée de participants venus du monde entier lui a rappelé que l’innovation est un langage universel, capable de rassembler au-delà des cultures et des frontières.

Elle a également pris pleinement conscience de la pertinence des enseignements du master CHPS, en voyant sur scène et dans les sessions techniques les sujets abordés en cours : IA, accélération GPU, HPC. Cette reconnaissance implicite, dans un écosystème de niveau mondial, a été particulièrement valorisante.

Enfin, elle souligne le rôle essentiel du soutien de la Fondation de l’URCA, sans lequel ce projet n’aurait pas été possible. Bien plus qu’un financement, ce soutien incarne une vision ambitieuse de la formation, fondée sur l’excellence académique et l’ouverture internationale.

Une expérience fondatrice, rendue possible par un engagement décisif

La participation des étudiants du master CHPS à l’édition 2026 de la GTC restera, à bien des égards, une expérience exceptionnelle et fondatrice. Exceptionnelle par l’ampleur de l’événement, la densité des échanges et l’accès direct à ce qui se fait de plus avancé en matière de calcul haute performance, d’intelligence artificielle et d’informatique graphique. Fondatrice par l’impact durable qu’elle a eu sur la vision, la motivation et les ambitions de ces futurs ingénieurs et chercheurs.

Au-delà des technologies découvertes et des conférences suivies, ce voyage a permis aux étudiants de se projeter concrètement dans leur avenir professionnel, de mesurer la portée internationale de leur formation et de prendre pleinement conscience de leur place dans un écosystème scientifique et industriel en constante évolution. Il illustre avec force combien l’ouverture internationale et l’immersion dans des événements de premier plan constituent un levier puissant de formation, de confiance et d’engagement.

Cette aventure n’aurait cependant jamais pu voir le jour sans le soutien déterminant de la Fondation de l’Université de Reims Champagne-Ardenne, dont l’engagement en faveur de l’excellence académique et de l’ouverture internationale a rendu ce projet possible. Un remerciement tout particulier est adressé à Franck Diard, dont la généreuse donation a été le moteur essentiel de cette initiative. Par son engagement, il a permis à ces étudiants de vivre une expérience unique, souvent réservée aux professionnels les plus établis, et de franchir une étape décisive dans leur parcours.

À travers ce soutien, c’est une vision ambitieuse de la formation universitaire qui s’exprime : celle qui donne aux étudiants les moyens de voir loin, de penser grand et de s’inscrire pleinement dans les enjeux technologiques et scientifiques du monde de demain.

Immersion des étudiants du master CHPS à GTC 2026
Etudiants du master CHPS à GTC 2026 2
Etudiants du master CHPS à GTC 2026 3
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