"Projet Méthafaune : Étude des effets des Cultures Intermédiaires à Vocation Énergétique (CIVE) sur la faune sauvage", entretien avec Lucille Capitaine


La recherche à l'URCA ne s'appuie pas uniquement sur ses enseignants-chercheurs mais sur ses doctorantes et doctorants inscrits au sein de nos 33 unités de recherche.
Ce nouveau portrait est consacré à Lucille Capitaine qui répond à nos questions.
Présentez-vous en quelques mots :
Je suis originaire de Reims. Après un baccalauréat scientifique, option Sciences de la vie et de la Terre, je me suis dans un premier temps orientée vers un BTS audiovisuel. À l’issue de ce BTS, j’ai choisi de me réorienter vers des études davantage en lien avec mes centres d’intérêt. J’ai donc fait une licence Sciences de la vie et un master Écophysiologie, Écologie et Éthologie à Strasbourg. C’est dans le cadre de mon stage de master 2 que j’ai découvert le CERFE, où j’ai travaillé sur la compétition entre le raton laveur et la martre des pins pour les sites de repos. À la suite de ce stage, je suis restée au CERFE pour effectuer un service civique, ce qui m’a permis de monter mon projet de thèse. Je suis donc actuellement en dernière année de thèse sur l’effet des Cultures Intermédiaires à Vocation Énergétique (CIVE) sur la faune sauvage.
Qu'est-ce qui vous a attiré vers votre domaine de recherche ?
Étudier les animaux dans leurs milieux naturels m’a toujours fascinée et c’est tout naturellement que je me suis tournée vers le CERFE pour mon stage. C’est au cours de ce stage que les premières questions sur les potentiels effets de la méthanisation sur la faune sauvage ont émergé. Ce projet m’a immédiatement intéressée par son caractère très précurseur.
Vous avez fait MT180 secondes, êtes-vous capable de présenter votre thèse en 180 mots ?
J’ai participé à MT180 en 2024.
L’arrivée de la méthanisation a bouleversé le paysage agricole avec l’introduction de nouvelles cultures spécifiquement dédiées à l’alimentation des méthaniseurs, les Cultures Intermédiaires à Vocation Énergétique (CIVE). Ces cultures ont modifié les dates de semis et de récolte et ont créé un couvert végétal à des périodes où les cultures conventionnelles offrent peu, voire pas, de couvert végétal. Nous nous sommes alors demandés si ces cultures pouvaient servir de refuges pour la faune sauvage. Pour répondre à cette question, nous avons capturé des lièvres, des perdrix grises et des chevreuils que nous avons équipés de dispositifs GPS. Grâce à ces dispositifs, je reçois régulièrement la localisation des animaux, ce qui me permet de connaître les cultures dans lesquelles ils se déplacent. Les analyses me permettront de déterminer si les CIVE sont appréciées ou évitées par les animaux et donc de savoir si et comment ils s’adaptent à leur nouvel environnement. Ces résultats sur les effets potentiels des CIVE sur plusieurs espèces des plaines agricoles pourraient contribuer à orienter les politiques agricoles futures.
Quelle est la suite quand vous serez docteure ?
J’aimerais pouvoir continuer à travailler, comme je le fais aujourd’hui, dans la recherche publique et sur les effets potentiels de la méthanisation sur la faune sauvage. Ma thèse étant la première étude menée sur ce sujet, il reste encore beaucoup à explorer et de nouvelles questions ont émergé au cours de mes travaux. J’aimerais donc poursuivre ces recherches afin de mieux comprendre les interactions entre ces nouvelles pratiques agricoles et la biodiversité.
Crédit photos : Céline Lecomte