Appel à communication : Economie et environnement depuis les années 1950 : histoire, méthodologie, philosophie

Publié le 12 septembre 2018

Economie et environnement depuis les années 1950 : histoire, méthodologie, philosophie
Journées d’études internationales – les 21 et 22 mars 2019, organisées par les Cahiers d’économie politique/ Papers in political economy et l’université de Reims Champagne-Ardenne.

Appel à communication

Les problématiques environnementales émergent en économie dans les années 1950. Non pas qu’elles n’aient jamais suscité d’intérêt particulier chez certains économistes auparavant, mais c’est à partir de cette période qu’elles se constituent comme un objet ou un champ d’analyse autonome. Dans un contexte de forte croissance économique et démographique, ainsi que de transformation de l’appareil productif dans les pays industrialisés, cette reconnaissance progressive est portée par la dégradation des écosystèmes, l’épuisement des ressources naturelles ou encore la montée des nuisances et des pollutions, comme les premiers jours de smog à Londres ou Los Angeles ou la contamination chimique de Minamata.

Ces journées d’études sont consacrées à l’histoire contemporaine de la pensée économique environnementale, et donc à ce passage d’une spécialisation marginale portée par quelques pionniers à un champ académique reconnu, mais éclaté entre différentes perspectives théoriques : d’une part, l’essor de l’économie de l’environnement comme discipline distincte de l’économie des ressources naturelles, et issue notamment de la nouvelle économie du bien-être ; d’autre part, le développement de l’économie écologique qui s’efforce d’ouvrir de nouvelles perspectives analytiques inspirées de la science écologique. Cette histoire soulève des enjeux à la fois méthodologiques (quels concepts et cadres analytiques mobilisés), philosophiques (quel statut donné à la nature, quel poids donné aux générations futures) et politiques (histoire des rapports de force et des institutions en charge de l’expertise environnementale qui ont alors porté telle ou telle théorie).

Les éventuelles contributions peuvent, à titre d’exemple, s’intéresser aux questions suivantes :
- Comment émerge l’économie de l’environnement comme discipline séparée de l’économie des ressources naturelles, à partir des années 1950 ? Quel est le rôle joué par les économistes américains, qu’ils se spécialisent dans ce champ (Ayres, Kneese, D’Arge) ou non (Galbraith, Mishan) ? Comment émerge l’économie écologique, sous l’impulsion à la fois d’écologues (Commoner, Odum) et d’économistes (Fischer, Dasgupta, Mäler, Boulding, Georgescu-Roegen, Daly) ? Comment les courants de pensée marxiste, post-keynésien et institutionnaliste s’emparent-ils de ces nouveaux enjeux ?

- D’un point de vue méthodologique, comment s’opère la mise en économie de l’environnement ? On sait que l’économie de l’environnement procède à une adaptation du cadre analytique néoclassique, notamment celui de la nouvelle économie du bien-être (défaillance de marché, externalité, bien collectif, analyse coût-avantage, capital naturel) aux nouveaux enjeux environnementaux, tandis que l’économie écologique, elle, tente d’ouvrir de nouvelles perspectives analytiques, tout en étant traversée par les mêmes controverses épistémologiques que celles que l’on peut observer à l’extérieur de ce champ.
- D’un point de vue plus politique, comment se sont institutionnalisées les diverses propositions méthodologiques et les recommandations politiques qui en découlent ? A partir du moment où il est décidé de mettre en oeuvre des politiques d’environnement, quelle a été la demande politique adressée aux économistes ? Et, inversement, par quels canaux politiques les recommandations des économistes sont-elles adressées aux responsables politiques ? Quelle est, par exemple, l’influence d’institutions comme l’OCDE, Resources for the Future aux Etats-Unis, ou les différentes agences en charge, au niveau national, des questions d’environnement ?

- Quels sont les enjeux philosophiques soulevés par ces problématiques environnementales, notamment en termes de justice intra et intergénérationnelle (autour du taux d’actualisation par exemple) ou en termes de marchandisation et plus largement de valorisation monétaire de la nature (services écosystémiques, évaluation des dommages, marchés de permis, etc.) ?
Toutes les propositions, en français ou en anglais, traitant de ces enjeux depuis les années 1950 dans une perspective historique, sont les bienvenues. Ces journées sont organisées par les Cahiers d’économie politique/Papers in political economy et l’université de Reims Champagne-Ardenne et se tiendront les 21 et 22 mars 2019. Les articles présentés alimenteront la publication d’un numéro spécial de la revue à paraître en 2020.

Les propositions (précisant nom, institution, 3 mots clés, et accompagnées d’un résumé de moins de 700 mots) doivent être envoyées à l’adresse suivante : wscep2019@gmail.com.

Envoi des propositions avant le 12 octobre 2018.

Réponse du comité scientifique avant le 30 octobre 2018.

Contact : nathalie.berta@univ-reims.fr, fd.vivien@univ-reims.fr
Comité d’organisation : Nathalie Berta, Romain Debref, Franck-Dominique Vivien
Comité scientifique :
Tom Bauler (Université libre de Bruxelles, Belgique)
Nathalie Berta (Université de Reims, France)
Valérie Boisvert (Université de Lausanne, Suisse)
C. Tyler Desroches (Arizona State University, Etats-Unis)
Ali Douai (Université de Nice, France)
Feriel Kandil (Ecole d’économie d’Aix-Marseille, France)
Catherine Larrère (Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, France)
Steven Medema (Université de Denver Colorado, Etats-Unis)
Antoine Missemer (CNRS, CIRED, France)
Claire Pignol (Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, France)
Clive Spash (WU Vienna University, Autriche)
Franck-Dominique Vivien (Université de Reims, France)