Accueil  >  Accueil  >  Axes de recherches  >  Dynamique des territoires
  • Popup version imprimable
  • Popup envoyer à un ami
  • Agrandir la taille du texte
  • Revenir à la taille initiale
  • Reduire la taille du texte
  • Version anglaise -<br/>Nouvelle fenêtre
  • Version espagnol -<br/>Nouvelle fenêtre
Rechercher

Axe 1: Dynamique des territoires

L’analyse des dynamiques territoriales doit être menée à plusieurs échelles emboîtées, dans le cadre général d’une économie mondialisée, avec pour perspective une amélioration de l’attractivité territoriale.

AMENAGEMENT DE L’ESPACE ET INSTITUTIONS

La mondialisation des échanges a entraîné une concurrence accrue entre les territoires. En réponse à cette évolution, les acteurs publics recentrent leurs interventions autour de la notion de compétitivité (développement des capacités d’innovation, principal avantage comparatif des territoires dans les pays industrialisés) couplée à celle d’attractivité (capacité à attirer les habitants et les activités).

La métropolisation traduit les effets de la mondialisation sur les agglomérations urbaines. Des interrogations subsistent tant sur les facteurs que sur les modalités de ce processus. A plus grande échelle se posent les questions de reconstruction des proximités et des identités spatiales : extension des bassins de vie et renforcement de leur identité à l’appui de la constitution de pays, inversement fragmentation accentuée des espaces intra-urbains et risque de voir délaissées les zones urbaines sensibles, malgré la superposition des divers volets de la politique de la ville (zones franches, zones d’éducation prioritaire etc…).

Ceci pose la question essentielle de l’aménagement de l’espace. Cet axe s’appuie à la fois sur des programmes de recherche théoriques en géographie sociale, en aménagement et en droit de l’urbanisme et sur des recherches-actions menées dans le cadre d’ateliers pluridisciplinaires en Urbanisme – Aménagement – Environnement nécessitant un équipement matériel spécifique.

Au sein de la plate-forme technologique, il s’agira alors d’implanter un atelier d’aménagement et d’urbanisme (atelier d’analyse de données spatio-temporelles) permettant de répondre techniquement et efficacement à des appels d’offre, mais aussi bien sûr de répondre aux enjeux de la recherche en ce domaine, et ceci dans une logique partenariale avec des réseaux européens et internationaux, tels que le Réseau ESPON (ORATE) ou bien les réseaux internationaux APERAU et AESOP.

La stratégie de Lisbonne visant à faire de l’Union européenne « l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique à l’horizon 2010 » innerve à présent tous les pans de l’action publique nationale et en conséquence, la politique d’aménagement du territoire. Les pôles de compétitivité et les pôles d’excellence rurale en sont la traduction la plus manifeste. Dans leur acception française, il s’agit d’exploiter les avantages comparatifs de la proximité territoriale pour mettre en mouvement des savoir-faire entrepreneuriaux, techniques et scientifiques divers.

Cette politique de pôles et d’ouverture à la concurrence mondiale et donc de concentration spatiale modifie l’objectif de cohésion territoriale qui caractérise la tradition française de l’aménagement du territoire. L’appel à projets constitue incontestablement une nouveauté. Peut-on analyser les effets de ce choix ? Un certain nombre d’affirmations et de préoccupations se sont fait jour, dont il s’agit de prendre le fondement et l’ampleur :

- l’appel à projet modifie-t-il les règles d’équité, privilégiant les territoires dotés en ingénierie au détriment des territoires les moins équipés ?
- selon cette logique combinant compétitivité et aménagement du territoire, les règles du « concours » ont-elles encouragé la compétition entre niveaux d’action, suscité des collaborations fructueuses, confirmé certains d’entre eux ?
- l’appel à projets est-il un outil de déconstruction ou au contraire de confirmation de l’organisation territoriale actuelle ?

À l’ensemble de ces questions, il s’agit d’apporter des réponses juridiques si l’on cherche à accroître la visibilité « institutionnelle » de ces grandes réformes de fond, ainsi qu’à améliorer les procédés de gouvernance notamment à l’échelon régional.

L’approche juridique devra se nourrir de l’étude des diverses réformes en cours sur le territoire national. En effet, l’acte II de la décentralisation implique une redéfinition des rôles respectifs de l’Etat et des collectivités locales et particulièrement à l’échelon régional. Dans ce cadre, le débat sur la réforme de l’Etat va prendre une acuité particulière, notamment dans son aspect territorial. Quel est l’impact réel de cette réforme sur les institutions et territoires ? Doivent ainsi être étudiées les questions suivantes :

- les enjeux constitutionnels de cette nouvelle organisation de la décentralisation,
- la clarification des rôles entre l’Etat et les collectivités locales,
- les enjeux territoriaux de cette décentralisation sur la réforme de l’Etat,
- le rôle des institutions de coopération intercommunales,
- les relations dans ce cadre de l’expérimentation entre pays, agglomérations et régions.

Pour répondre à l’ensemble de ces questionnements, les chercheurs pourront s’appuyer utilement sur le réseau GRALE (GIS-CNRS), dont l’URCA héberge la base de données de l’Observatoire de la décentralisation avec l’appui de Centre d’Etude et de Prospective du Ministère de l’Intérieur, de la DIACT et de l’Assemblée nationale. Il reste que les immenses potentialités de ce réseau (avec la mise en œuvre notamment d’un Observatoire mondial de la décentralisation avec la Fédération mondiale des villes jumelées) nécessitent un redéploiement informatique de l’installation.

Cette problématique sera nourrie également par des travaux relatifs aux mouvements contemporains dans le domaine des institutions et de la gouvernance selon une approche historique et juridique.

CONCURRENCE DES TERRITOIRES

La problématisation de la « dynamique des territoires » abordée sous l’angle, désormais majeur, de la concurrence et de la compétitivité des territoires dans le processus de globalisation contemporain, conduit également à étudier les phénomènes suivants :

ÿ L’identification des avantages compétitifs des territoires. C’est ce qui a été fait par exemple pour la France avec le secteur de la mode, les industries du luxe, les secteurs du goût (vin, gastronomie) ; pour la région avec les agro-ressources, le tourisme, les secteurs du goût (champagne, gastronomie, tourisme culturel). De façon essentielle, il s’agira également de procéder à des recherches sociologiques sur l’identité des entreprises de Champagne-Ardenne ou encore plus spécifiquement d’étudier le phénomène des créations d’entreprises et plus largement d’innovation sociale. Selon cette approche, les entreprises et leurs capacités (concept de knowledge management) en gestion constituent en effet des éléments déterminants du territoire. Ce patrimoine entrepreneurial doit être entretenu et développé.

Il s’agit également d’étudier les politiques de mobilisation des avantages compétitifs (la constitution de groupes financiers du luxe, la valorisation industrielle des agro-ressources) et les politiques publiques (les politiques de proximité et de synergie, la politique des transports). Dans ce cadre, la réflexion sera plus particulièrement engagée dans deux directions, l’impact de la LGV et des programmes avec l’INRA sur le développement durable ou « soutenable ».

ÿ La question de l’étude des processus de coopération et de concurrence entre territoires : constitution d’un espace judiciaire européen et concurrence entre cultures judiciaires différentes, concurrence mondiale des industries du luxe, rôle des droits de propriété dans la concurrence internationale en économie de la connaissance, développement de districts agro-industriels et culturels.
L’objectif est de bien identifier, selon cette approche économique, les autonomies locales et la reproduction des identités des territoires dans le processus de globalisation : degrés de liberté locaux, possibilité de déconnexion de secteurs déterminés (l’économie sociale notamment, reproduction et développement durable des patrimoines naturels).

Cette approche sera complétée par des travaux sur la psychologie du risque avec, pour illustration, les recherches sur les modes adaptatifs des individus (interactions entre les conditions de vie et de travail et les stratégies d’adaptation, par exemple face au stockage des déchets nucléaires).

DYNAMIQUE EDUCATIVE DES TERRITOIRES ET FORMATIONS

Un volet relatif au territoire en tant qu’espace de formation, de l’école à l’université, en passant par diverses formations, sera mis en œuvre. Il s’agit ainsi, dans le domaine de la formation et de la répartition des métiers, des professions, des activités professionnelles, de permettre une analyse fine des ressources régionales et de leur positionnement dans des contextes plus vastes, français ou européens, à travers une logique d’observatoires créés ou en cours de création et de recherches-actions.

ÿ C’est ainsi qu’à partir d’une meilleure connaissance de l’organisation des formations sur le territoire, de leurs liens avec l’évolution des besoins de qualification, de compétence, il s’agira de conduire des études sur l’insertion professionnelle des étudiants issus des différents établissements de formation supérieure de la Région, mais aussi d’analyser les trajectoires personnelles et professionnelles et notamment les mobilités géographiques. Dans une logique de développement régional, il s’agit également de développer une visibilité directe sur les évolutions des différents métiers et professions (émergence de nouvelles formations, processus de professionnalisation, apparition et disparition de métiers, attractivité des métiers, redistribution spatiale).

Les besoins en qualifications et compétences dans les différents secteurs d’activités évoluent. Il s’agit d’analyser les pratiques professionnelles des formateurs, leur contribution à l’adéquation formations/activités professionnelles de mettre en adéquation les formations avec les métiers et les professions. Il s’agira alors de mettre à jour non seulement les raisons de désaffection mais aussi les facteurs attractifs de certains secteurs d’activités, ou encore de certains secteurs géographiques. Enfin, la valorisation auprès des différents acteurs de la vie socio-économique et des populations diversifiées (population en formation initiale, en formation continue, en formation tout au long de la vie) des résultats des recherches sera, dans ce cadre, essentielle.

Pour assurer une veille et un suivi des évolutions des processus de professionnalisations et de leur organisation sur le territoire, l’intégration d’un centre de phonning à la plate-forme technique devra être prévue pour mener des entretiens dans le cadre de recherches sociologiques.

ÿ Sur le plan de la dynamique éducative des territoires, il s’agit de promouvoir des actions de recherche en psychologie cognitive qui s’inscriront dans le cadre de la politique de la ville (voir plus haut: Aménagement de l’espace) et seront menées dans les ZEP (Zones d’Education Prioritaire). En effet, pour répondre aux besoins identifiés par les « groupes de pilotage académiques » dans le Rapport d’Evaluation de l’Enseignement dans l’Académie de Reims (2004), il est indispensable que l’Université de Reims développe des recherches susceptibles d’élaborer des dépistages et des stratégies de prévention de l’échec scolaire dès l’école maternelle, pour répondre à une demande tant régionale (vu le taux important d’échec scolaire en région Champagne-Ardenne) que nationale.

Ces recherches nécessitent l’équipement d’une salle d’expérimentation permettant l’utilisation de différents paradigmes d’étude des concepts dès la première enfance (grâce à des dispositifs informatisés de type écran tactile), ou encore d’étude de la mise en place de la langue écrite. Ainsi, des programmes d’entraînements informatisés basés sur une contribution des unités morphologiques et syntaxiques du langage (un logiciel est en cours d’élaboration) permettraient de consolider l’expérience de la langue française et en conséquence de faciliter l’apprentissage ultérieur de la lecture, dont la maîtrise est un facteur de lutte contre l’échec scolaire et l’illettrisme. Ces entraînements seraient utilisables tant pour les jeunes enfants que pour les populations de migrants. En outre, l’étude des populations d’enfants déficients sensoriels et des patients souffrants de pathologies lourdes (autisme, syndrome d’Asperger, schizophrénie) nécessite le recours à des dispositifs particuliers. Précisément, les études sur les enfants déficients sensoriels reposent sur l’existence d’une salle d’expérimentation équipée d’ordinateurs et d’écrans tactiles, celles sur les sujets sains (groupes de contrôle) requièrent des dispositifs de visionnage de films et d’utilisation de tests psychologiques.