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Images, représentations de la société

Présentation de la thématique


Séminaire Images, Représentations de la Société 
Programme 2012-13

Cette troisième année du séminaire Images s’ouvre alors que le n°1 de la revue électronique Savoirs en prisme, Rencontres du CIRLEP a été mis en ligne en juin dernier (lien à partir de la page d’accueil du CIRLEP, sous l’onglet Recherche, dans les laboratoires LSH).

Comme le thème choisi pour le n°2 de la revue est le même que celui du séminaire de l’an dernier : « Normes(s), Marge(s), Transgression(s) », il nous a semblé assez vaste pour continuer à nous y consacrer. Pour mémoire, nous rappelons les axes qui ont présidé à la création de ce séminaire.

Il s’agit de travailler sur la diversité de l’image, dans son statut d’image fixe : la peinture, mais aussi cette année la photographie, (sans exclure pour plus tard l’affiche ou la bande dessinée), comme animée : le cinéma (« Image-mouvement », cf. Deleuze), et ceci en articulant la fonction sociale, historique, voire politique, de l’image et ses aspects formels : questionnement sémiologique et esthétique des expressions artistiques à travers les siècles et les pays.

En effet, si l’attention prêtée aux images ne peut faire l’économie de leur historicité (de par leur valeur documentaire, elles sont, selon le truisme, « fenêtre ouverte sur le monde », reflet de celui-ci), celle-ci laisse toute sa place à l’analyse sémiotique qui tente de mettre en exergue les modes de production du/des sens d’œuvres toujours ouvertes dans leurs possibilités interprétatives (U. Eco).

L’ancienne définition de l’image fournie par Platon, comme image naturelle, synonyme d’ombre ou de reflet, origine mythique de la peinture, a été dépassée par la progressive prise de distance entre le signifiant et son référent (voir Merleau Ponty, cité entre autres par Didi-Huberman : « Le mot d’image est mal famé parce qu’on a cru étourdiment qu’un dessin était un décalque… »). Si cette relation d’analogie est plus grande au cinéma, où « l’effet de réel » est produit par l’enregistrement d’une situation saisie sur le vif ou bien inventée ou recomposée, représentation le plus souvent réaliste d’un espace imaginaire contenu à l’intérieur du champ, le septième art évolue progressivement vers une « impureté » accentuée, où documentaire et fiction, abolissant les frontières normatives, s’entremêlent, et où par ailleurs, une fiction apparemment déconnectée du « réel » sociopolitique d’un pays et d’une époque, peut en être la métaphore.

Ainsi, même le dialogisme entre le mouvement du flux séquentiel et l’immobilité du tableau se trouve remis en cause, que ce soit dans l’oxymore du tableau-vivant au cinéma ou dans l’importance du hors-champ d’un tableau (cela est aussi évident pour la photo), où les reflets trompeurs de l’espace conjectural sont démultipliés. Dans le jeu binaire des règles et des transgressions, peintres et cinéastes (de Piero della Francesca à Picasso et de Luis Buñuel à Raoul Ruiz, pour n’évoquer que quelques créateurs) se plaisent à installer le prisme des illusions scénographiques.

Le sujet-spectateur, pensé depuis Freud non plus en clôture, mais en déchirure, n’est plus collé à la représentation, absorbé par elle. La perspective en peinture n’est plus une convention, mais une action, au sens dramaturgique du terme, et c’est ainsi que Bonitzer peut affirmer que « le sujet, en peinture, c’est le point de vue ».

Pour la troisième année de son existence, le séminaire Images souhaite diversifier les approches artistiques considérées et est toujours ouvert à la pluridisciplinarité, appelant de ses vœux des échanges entre séminaires. Quelle que soit la société (espagnole, hispano-américaine ou autre) et l’époque dans laquelle elles s’ancrent, les représentations ne cessent de jouer sur la notion de genre canonique, sans cesse reprise et transgressée.

Responsable du séminaire

Françoise HEITZ

Membres associés

Emmanuel LE VAGUERESSE (PR)
Juan Carlos BAEZA SOTO (MCF)

Calendrier des séminaires 2012-13

Salle 17 26 - 28.11.12 : Emmanuel Le Vagueresse, « Du café des sarcasmes à la gare du renoncement : scènes de café et de gare dans Calle Mayor (1956) de Juan Antonio Bardem »

23.01.13 : Juan Carlos Baeza Soto, « L’effroi du beau dans l’œuvre de Claudio Bravo (Valparaíso 1936-Taroudant, Maroc, 2011) »

30.01.13 : Martine Heredia, « Existe-t-il un art sans contrainte ? L’exemple de Tapiès et d’Antonio Saura »

20.02.13 : Françoise Heitz, « Carlos Sorín, une redéfinition des marges »

06.03.13 ou 27.03.13 : Magali Dumousseau, "la movida" (titre à préciser)

03.04.13 : Jacques Terrasa, « La photographie transgressive de Gabriel Ramón »

10.04.13 : Dominique Casimiro (titre à préciser)


Archives : Calendrier des séminaires 2010-12

Cliquez ICI pour consulter le calendrier des séminaires 2010-11
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Calle Mayor (1956)

de Juan Antonio Bardem