marie weiss rot / marie blanc rouge

Lecture autour de marie weiss rot / marie blanc rouge

« Marie. Parfois une voix crie en moi, venue de l’autre langue,
de la pièce d’en face. Elle est si impressionnante que provisoirement
elle recouvre tout le reste… Parfois je suis à bout de souffle
– dans le long couloir. J’essaie d’aller d’une pièce à l’autre, aussi
vite qu’il est requis, sans rien oublier. Souvent je vois les traces
claires dans le couloir que mes pieds ont laissées, des empreintes
humides, indiquant deux directions opposées ; personne d’autre
que moi ne les voit, car elles disparaissent rapidement, personne
ne perçoit le trouble derrière ma pupille, ardoise magique. »
(Laure Gauthier, marie blanc rouge)

Marie blanc rouge - Marie weiss rot (Edition bilingue)


marie weiss rot / marie blanc rouge (Delatour-France, 2013)
est un texte hybride, à mi-chemin entre poésie contemporaine et théâtre.

L’auteure, Laure Gauthier, l’a écrit dans une langue non-maternelle, l’allemand, avant de le réécrire avec le traducteur Laurent Cassagnau, en français. Les deux versions coexistent.

Résumé



© Em Valette 2013 (photo de la première résidence, La Friche, Reims, juin 2013)

Quatre personnages se côtoient et se croisent à défaut de vraiment se rencontrer. C’est la menace de la voix poétique qui est ici théâtralisée. Les voix figées, attendues, d’Albert, de Frédéric et de Christine sont autant de contrepoints à la parole de marie dans ce drame bourgeois des temps modernes. marie, épicentre du projet, a d’emblée compris que la langue maternelle est la langue de l’autre. C’est pourquoi elle parle une langue non maternelle pour trouver ce qui lui est propre et recourt aux néologismes dès que nécessaire pour arracher la langue à la géographie. Surgit ce que marie appelle une « poésie de couloir », une langue entre les langues, parlée par les poètes et les migrants. Il ne s’agit plus d’une poésie des terroirs, mais d’un chant déraciné. marie venue d’ailleurs est plus apte au transport de sens.

Sur l'auteur

Dans ses recherches sur l’esthétique théâtrale ou opératique, comme dans ses textes dialogiques, Laure Gauthier (enseignante au département d'études germaniques de l'URCA) interroge le lien entre les arts, le statut de l’image poétique et la façon de faire sortir le langage de ses gonds.

La lecture du 10 décembre 2013 en images


Le mardi 10 décembre, le SUAC de l’Université de Reims Champagne-Ardenne (URCA) a organisé une rencontre et une lecture « autour de marie blanc rouge » en présence de Laure Gauthier (auteure), de Jean-Marc Chouvel (compositeur, vidéaste), de Manuel Congreta (scénographe) et Katja Krüger (actrice).


©LaurenceBASTIN


Laure Gauthier a évoqué son projet d’écriture « entre les langues ».


©LaurenceBASTIN


Jean-Marc Chouvel et Manuel Congreta ont expliqué leur travail dans le cadre de la mise en scène du projet par Ruth Orthmann (en résidence au Centre Saint-Exupéry de Reims du 21 octobre au 4 novembre 2013).


©LaurenceBASTIN


Enfin l’actrice Katja Krüger a lu des extraits du texte.


©LaurenceBASTIN