Rencontre avec Hossam Taha Mohamed

Hossam Taha Mohamed

Projet H2020 RISE :

GLYCANC

Matrix glycans as multifunctional pathogenesis factors and therapeutic targets in cancer

Organisme d’envoi :

Université du Caire

Organisme d’accueil :

URCA – CNRS UMR 7369, Matrice Extracellulaire et Dynamique Cellulaire (MEDyC).

Durée du détachement :

6 mois (octobre 2015 – avril 2016)

Durée du projet :

48 mois

Coordinateur :

Allemagne

Pays impliqués :

France, Allemagne, Grèce, Italie, Hongrie, Suède, Egypte, Brésil, Argentine, Corée

Site internet :

GLYCANC

Rencontre avec Hossam Taha Mohamed

Hossam Taha Mohamed, en détachement de 6 mois à l'URCA dans le cadre du projet H2020 RISE "GLYCANC"

Pouvez-vous nous présenter votre parcours et le but de votre mobilité?

À la fin de mon doctorat, en avril 2015, j’ai commencé des recherches pour trouver un post-doctorat dans une université européenne ou américaine. J’en ai parlé à mes directeurs de laboratoire, le Professeur Mona Mostafa Mohamed, le Professeur Mohamed El-Shinawi et le Dr Sherif Abdel Aziz Ibrahim qui ont décidé d’intégrer ce projet RISE, qui était en préparation entre des équipes scientifiques internationales. Une sélection a été effectuée entre les chercheurs de mon laboratoire et malgré la compétition très élevée, j’ai été choisi.

Quels sont les apports personnels et professionnels de cette mobilité ?

Dans le cadre de ma mobilité, je travaille sur le mélanome et le cancer du sein, plus exactement sur la caractérisation par imagerie infrarouge des signatures spectrales de glycosaminoglycanes sous la direction du Dr Brézillon et du Pr Sockalingum de l’Unité UMR CNRS / URCA n°7369,Matrice Extracellulaire et Dynamique Cellulaire (MEDyC), dirigée par Le Professeur F-X. Maquart. L’URCA est très avancée dans le domaine de l’imagerie vibrationnelle.

Sur le plan professionnel, j’apprends énormément depuis que je suis ici, il y a une grande différence entre la recherche dans les pays en voie de développement comme l’Egypte, et dans des pays développés comme la France. La recherche que je mène ici est très novatrice et n’existe pas en Egypte. J’ai donc énormément appris. Le laboratoire MEDyC et la plateforme PICT-IBiSA ont des équipements modernes qui permettent un niveau de recherche très pointu.

Sur le plan humain, beaucoup de mes amis en Égypte qui travaillent à l’étranger, ont eu beaucoup de problèmes de discrimination. J’avais donc une certaine appréhension. Mais dès mon arrivée, j’ai été accueilli chaleureusement, à la fois par les membres de l’équipe, du laboratoire et par l’Université et également dans la ville, même si la langue est parfois un obstacle. Tout le monde s’est toujours montré prévenant et attentionné. Cet accueil a été un grand soulagement, car ce n’est pas le cas de beaucoup de mes confrères égyptiens qui travaillent à l’étranger.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?

J’ai été aidé dans toutes les procédures administratives et pour mon installation, notamment pour trouver un logement, par Mme Lolita Lebrun, Service des Relations Internationales de l’URCA. C’est vraiment important de savoir que l’on sera accompagné par son organisme d’accueil et que l’on n’est pas seul dans toutes les démarches. C’est un réel soulagement.

Que retenez-vous de votre participation à un projet RISE ?

C’est une formidable opportunité de travailler dans différents laboratoires et surtout de me spécialiser dans un domaine totalement nouveau dans lequel personne ne travaille en Égypte jusqu’à présent. Je serai le seul à avoir ces compétences à mon retour. J’ai beaucoup appris aussi sur la façon de gérer un projet. En Égypte, il y a énormément de compétition et pas assez de collaboration. Ici, tout le monde m’a aidé, qu’il soit de mon équipe ou d’une autre, ou parfois dans une autre discipline, et je veux pouvoir apporter cet état d’esprit en Égypte.

Enfin, j’ai déjà observé un impact positif sur ma carrière. Je suis sélectionné pour représenter l'Egypte dans un atelier pour les jeunes scientifiques africains financé par le National Institute of Health (NIH). J’ai pu également participer à un congrès organisé par l’organisation CRDF global (The US Civilian Research and Development Fundation) au Maroc en Novembre 2015. Je suis convaincu que je n’aurais pas eu ces opportunités sans l'expérience scientifique acquise à Reims dans le cadre du programme RISE.

Le mot de la fin ?

J'aimerais renouveler ce séjour en France à l’URCA et poursuivre mon travail ici car 6 mois, c’est un peu court. Il existe un partenariat entre Institut Français d'Egypte et le Fond Sciences & Technologie Développement en Egypte (STDF), qui me permettrait peut-être de revenir pour 9 mois en France.


Stéphane Brezillon

Stéphane BREZILLON, co-responsable de l’Equipe Protéolyse et Cancer de l’Unité URCA – CNRS UMR 7369, MEDyC, et porteur URCA du projet RISE « GLYCANC »

Pouvez-vous nous dire comment vous avez intégré ce projet ?

J’ai tout d’abord été contacté par le Pr N Karamanos de l’Université de Patras, en Grèce, pour mettre en place un consortium européen avec d’autres laboratoires sur le thème des glycosaminoglycanes sur un projet coordonné par l’Université de Muenster, en Allemagne. Nous avons tout de suite accepté car c’était une opportunité à ne pas manquer pour le laboratoire. De plus, je connaissais les travaux de recherche du coordinateur, le Pr M Goette, qui a une grande expérience dans le domaine des projets européens. Il y avait donc tous les éléments pour constituer une base solide pour le projet.

Comment résumeriez-vous votre participation dans ce projet RISE ?

Nous avons été contactés pour apporter au projet de recherche sur les glycosaminoglycanes une approche biophysique, une interface avec la biochimie. C’est précisément cette interface, véritable spécificité de notre Unité de Recherche, qui a intéressé le consortium. Nous pouvons déjà observer un véritable apport pour la valorisation de nos résultats, et des retombées positives.

La prochaine étape pour l’équipe est le détachement d’un de nos post-doctorants au Brésil pour 4 mois dans un laboratoire du consortium, dirigé par le Professeur M Pavao, qui est spécialiste de l’étude des glycosaminoglycanes par une approche de Résonnance Magnétique Nucléaire (RMN). C’est une approche complémentaire à notre travail.

Ce qu’il faut vraiment retenir de ce type de projet, c’est qu’il permet de construire un réseau solide et complémentaire. Nous avons déposé un projet sur un autre appel d’Horizon 2020 avec le même consortium.

Avez-vous rencontré des difficultés particulières ?

Il est clair que pour le moment, nous ne sommes pas en mesure de coordonner un tel projet mais en tant que partenaire, nous avons pu nous appuyer sur la Cellule Projets Internationaux pour les parties administratives et sur l’expertise du coordinateur allemand et tout s’est bien passé.

Pour conclure, je voudrais souligner le gain de visibilité et de reconnaissance de nos travaux à travers le consortium Européen. C’est donc un aspect crucial à développer car l’Europe devient de plus en plus indispensable pour obtenir des financements conséquents.

Les projets européens permettent de générer une réelle dynamique et il est très plaisant et stimulant de participer à des échanges scientifiques.