Rencontre avec Pascal Laborderie

Pascal Laborderie
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Entretien avec Pascal LABORDERIE du Centre d’Etudes et de Recherches sur les Emplois et les Professionnalisations (CEREP, EA 4692) dont le projet vient d’être accepté dans le cadre du PHC Tassili (France-Algérie)

Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?

Docteur en études cinématographiques et audiovisuelles à l'Université Sorbonne nouvelle - Paris 3, maître de conférences en SIC à l'URCA (CEREP), je suis historien et sémiologue du cinéma éducatif. Spécialiste du cinéma scolaire et éducateur ainsi que des mouvements de ciné-clubs, je travaille actuellement sur les questions de réception des films éducatifs.

Pourriez-vous présenter votre projet, financé dans le cadre du PHC ?

Notre projet de recherche porte sur la réception des formes audiovisuelles éducatives ; il s’intitule « Images, réalités et fictions des rapports Nord/Sud » et sera financé sur une durée de 3 ans.

Il est porté par Françoise F. LAOT, moi-même (Cérep, URCA) et Hanane EL BACHIR (Université d’Oran 2), en partenariat avec le CREM (Université de Lorraine), le Centre Norbert Elias (Université d’Avignon) et le SAGE (Université de Strasbourg).

En matière d’interculturalité et d’échange entre le Nord et le Sud, il s’agira de décrire, d’expliquer et de mesurer la portée des formes médiatiques audiovisuelles hybrides alliant fiction et réalité, en particulier les films qui proposent une scénarisation du réel (par exemple, les biopics ou les docufictions).

Ces entrées permettront d'étudier les écarts de réception d'un public à l'autre, lorsqu'ils se situent de part et d'autre de la Méditerranée. Dans cette perspective, le projet prévoit une cotutelle de thèse qui permettra d’éclairer les actions du cinéma éducateur et des mouvements de ciné-club en métropole et dans les colonies durant la période de décolonisation.

Les membres du Cérep impliqués dans ce projet sont Marianne CAILLOUX, Pascal LABORDERIE, Françoise F. LAOT, Guillaume LE SAULNIER, Benoît VERDIER.

Sont associés au projet : L. BASCO (Université d’Avignon - Centre Norbert Elias), C. BONAH (Université de Strasbourg - SAGE), S. PIERRE (Université de Lorraine - CREM), H. EL BACHIR (Université d’Oran 2 - LLC/HA).

Quelles ont-été les étapes de votre candidature ? Avez-vous rencontré des difficultés particulières ?

L'idée part à la fois d'une motivation externe au projet de recherche proprement dit et d'un questionnement scientifique sur la réception des films à visée éducative. Il est clair d'abord que j'ai voulu répondre à une demande de ma collègue, Hanane El Bachir, MCF à l'Université d'Oran 2, que j'ai rencontrée dans le cadre d'un colloque international organisé à Izmir en 2015.

Le contexte actuel et le devoir de fraternité entre chercheurs a fait que j'ai ressenti un impératif à coopérer avec elle. Néanmoins, c'est le projet scientifique qui nous réunit autour de questions en SIC, en Sociologie des publics ainsi qu'en Sciences de l'éducation et de la formation sur l'efficacité des films éducatifs qui mobilisent le récit.

Si ma collègue Hanane El Bachir m'a fait découvrir le PHC Tassili, ce sont surtout les divers services soit de Campus France, soit de la Direction des Relations Internationale de l'URCA, qui ont su m'épauler dans la constitution du dossier et dans mon orientation vers des personnes ressources sur les plans organisationnel, financier et scientifique.

Quelles dépenses sont prises en charge par le projet ?

Notre programme de recherche prévoit une cotutelle de thèse qui portera sur les actions du cinéma éducateur et des mouvements de ciné-club en métropole et dans les colonies durant la période de décolonisation. Le PHC Tassili prendra en charge la mobilité en France du doctorant algérien et la mobilité des responsables du projet.

Une journée d’études est également prévue le 22 mars 2017 à Troyes et un colloque international en 2018 à Oran. Le projet prévoit un appui logistique aux laboratoires français et algérien qui permettra la prise en charge de certaines dépenses liées à l’organisation de ces deux manifestations.

Quels sont selon vous les avantages et les inconvénients de ce dispositif ?

Le dispositif est ultra-intéressant, voire nécessaire, lorsqu'il s'agit de se poser des questions en SHS, notamment ceux qui ont un rapport avec l'interculturalité. En termes de moyens, j'ai été surpris (agréablement) par l'importance du soutien à la mobilité et à la logistique.

En revanche, concernant les faiblesses, je n'ai pas encore le recul nécessaire.

Recommanderiez-vous ce dispositif aux chercheurs de l’URCA ?

Naturellement non ! (rire) Plaisanterie mise à part, j'ai trouvé le montage du dossier relativement facile, même si bien sûr il faut être un peu motivé et beaucoup accompagné...