POUR UNE MESOECONOMIE DE L’EMERGENCE DE LA BIOECONOMIE : REPRESENTATIONS, PATRIMOINES PRODUCTIFS COLLECTIFS ET STRATEGIES D'ACTEURS DANS LA REGULATION D'UNE CHIMIE DOUBLEMENT VERTE

Résumé de la thèse en français :

Cette thèse analyse, à partir d’une démarche mésoéconomique régulationniste et évolutionniste, l’émergence d’un espace économique. Les acteurs l’ont baptisé « bioéconomie », à partir d’interprétations divergentes du terme. Cet espace se différencie des façons traditionnelles de se représenter la division du travail en secteurs (la chimie, l’agriculture, l’énergie). Les acteurs qui cherchent à constituer cet espace les recomposent dans un champ original et spécifique. Ce champ est fondé sur l’usage de ressources renouvelables végétales, animales et algales. Les acteurs constituant le champ se proposent d’être une « industrie des industries ». Ils fourniraient, non pas des produits finaux, mais des produits intermédiaires, agro-alimentaires ou destinés à la chimie, aux matériaux et à l’énergie. Ce champ ne comprend pas par exemple le photovoltaïque. La bioéconomie recompose les relations entre agriculture et chimie, en (re)faisant de la première un fournisseur de la seconde. Nous mobilisons la notion de régimes de production de connaissances et d’activités économiques pour décrire la diversité des promesses technologiques faites par les acteurs. Nous montrons alors que la bioéconomie ne peut se réduire à la « révolution biotechnologique ». Trois grandes visions de la bioéconomie se confrontent. A un niveau plus fin, on présente trois cas de cette diversité. Les acteurs portent une « économie des promesses » à partir de leurs patrimoines productifs collectifs respectifs qu’ils cherchent à reproduire et projeter dans le futur. Cela donne lieu, de leur part, à un travail de problématisation de l’espace de la bioéconomie, qui détermine leur allocation de ressources.


Résumé de la thèse en anglais:

This thesis analyses the emergence of a new economic space from a mesoeconomic regulationist and evolutionist approach. This space has been called "bioeconomy" by the actors after divergent and conflictual interpretations of this concept. This economic space differs from the traditional ways of representing the division of labour into sectors (chemistry, agriculture, energy). The actors involved in seeking to define this space are reconstructing these sectors into an original and specific field, which is built on the use of biobased plant, animal and algal renewable resources. These actors consider themselves to be becoming the "industry of industries". Thus, instead of providing end products, they produce intermediates for agro- or chemical industries, materials or energy. The field does not cover photovoltaic electricity. Therefore, bioeconomy is a recomposition of the relationships between agriculture and chemistry in which the former becomes the supplier for the latter. We use the concept of the regimes of production of knowledge and of economic activity to describe the diversity of the technological promises made by the actors involved. We show, therefore, that bioeconomy cannot be reduced to the biotechnological revolution. Three broad views of bioeconomy emerge. At a deeper level, we present here three case studies to illustrate this diversity. The actors are weighed down by an "economy of promises" based on their own productive heritages that they are trying to reproduce and project into the future. This leads them to problematize the bioeconomy space in order to determine their resource allocations.

Mots clés en français : bioéconomie, régulation, mésoéconomie, patrimoines productifs collectifs, émergence, innovation
Mots clés en anglais : bioeconomy, régulation, mesoeconomy, productive heritages, emergence, innovation

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