Y a-t-il des différences culturelles entre les deux pays ?
Nicolas : A Taiwan il faut offrir un cadeau à celui qui nous invite. Par exemple si quelqu’un nous invite passer quelques jours chez lui il faut prévoir un cadeau. Comme ça on sait que ça va bien passer. Si le cadeau vient de France ou de la région (comme par exemple des biscuits roses, du champagne ou de la moutarde de Reims) c’est mieux.
Pour saluer les jeunes et les personnes plus âgées, on utilise des expressions différentes, c’est une question d’hiérarchie. La hiérarchie est exprimée juste par les suffixes ní et nín. Ajouter le nín est plus respectueux, si je m’adresse à un professeur, par contre à un ami on utilise ní.
Chung Hsaun : En France quand il y a une fête les jeunes boivent toujours de l’alcool. A Taïwan on n’a pas l’habitude de boire de l’alcool.
On ne fait pas le bisou. Cela c’est intéressant pour moi. Ensuite, il n’y a pas de contact de corps quand on se rencontre, on se salue. On n’utilise pas de mots intimes dans la relation entre les parents et les enfants, ça veut dire on ne dit jamais aux autres « je t’aime ». On sait qu’on s’aime. Les personnes sont plus distantes une de l’autre.
Nicolas : Les taïwanais sont très accueillants, très chaleureux, très gentils. Ils parlent doucement avec les étrangers sauf peut-être les personnes plus âgées avec lesquelles j’ai eu un peu plus de mal à parler. Surtout quand ils voient qu’on fait l’effort de parler chinois, ils font aussi des efforts. Ils apprécient ce que nous faisons. Par exemple le jour de mon départ à l’aéroport, j’ai parlé avec un chinois, celui qui a enregistré mes bagages et à la fin il m’a dit un « bye-bye » tout à fait informel.
Chung Hsaun : Je pense que les Français s’habillent mieux que les Taïwanais, elles font plus attention à leur apparence. Les filles françaises se maquillent, à Taiwan c’est un rapport moitié-moitié. Les personnes âgées sont très religieuses à Taiwan. Les deux religions sont le taoïsme et le bouddhisme. Les deux sont en peu mélangées à Taiwan. Les taïwanais n’ont pas l’habitude de manger des céréales pour le petit-déjeuner. A Taiwan il faut toujours chaud. Il n’y a pas de chauffage dans nos maisons mais de la climatisation.
Est-ce qu’il y a des habitudes que vous avez apportées des deux pays ?
Nicolas : A Taïwan j’avais acheté des baguettes personnelles. C’est une mode taiwanaise, c’est-à-dire que des baguettes en ferraille qu’on peut apporter sur soi, donc mes propres baguettes. Maintenant à chaque fois quand je vais au restaurant chinois j’apporte mes baguettes personnelles. Une autre habitude taiwanaise que j’ai prise est de boire du thé plutôt que du café. Mais quand je bois du café j’en bois au lait froid comme à Taiwan.
Chung Hsaun : Le café à Taiwan est toujours avec des glaçons, c’est en fait café glacé.
Nicolas : A McDonald’s il y a une poubelle pour les recyclables et une poubelle pour les choses non recyclables, c’est étrange de revenir au Mcdonald’s en France et ne pas retrouver cette poubelle.
Y a-t-il des tabous dans les différents pays, des choses dont on ne parle pas, des thèmes dont on évite parler ?
Chung Hsaun : En France on ne parle pas du salaire. Par contre, à Taiwan on demande toujours aux autres : combien d’argent tu gagnes par mois ? En France c’est interdit.
Nicolas : A Taïwan on n’a jamais parlé de politique. Il y a deux parties principales : des indépendantistes, inconvaincus, et au contraire ceux qui sont pour la Chine. Par exemple au mémorial de Chiang Kai-shek … il y a des grands problèmes et on ne peut pas parler de ça.
Chung Hsaun : On évite les discussions sur la politique parce qu’ils mènent souvent aux disputes. Par rapport à Taïwan, en France je trouve c’est normal de parler de politique.
Y a-t-il des différences entre les systèmes universitaires ?
Chung Hsaun : Oui, a Taiwan on étude 4 années pour la licence au contraire de 3 ans d’ici. Il n’existe pas un établissement comme le CROUS, c’est-à-dire que l’internat est directement intégré à l’université. Pendant les cours les Français posent toujours des questions. A Taiwan les étudiants ne pose pas des questions en public mais si on en a, on les pose au professeur plutôt à la fin du cours.
Nicolas : Moi, j’avais de la chance d’aller à Taiwan en été et j’ai constaté que la bibliothèque était ouverte contrairement à la bibliothèque universitaire de Reims. Les bureaux administratifs sont également ouverts pendant l’été, ce qui est très pratique. Et dans les bureaux administratifs des départements de langue les secrétaires parlaient le français. J’étais au secrétariat de français il y avait un étudiant d’ailleurs qui parlait français, c’était très utile. Ici en France il n’y a pas d’étudiant qui parle le chinois.
Qu’est-ce que l’on fait en France pendant le temps libre, est-ce que c’est différent des loisirs à Taiwan ?
Chung Hsaun : Grâce au fait qu’à Taiwan tous les magasins sont ouverts très longtemps et même le dimanche, on peut aller aux marchés de nuit, on y trouve toutes les choses. Le soir d’habitude les taïwanais sortent au marché de nuit.
Nicolas : Aux marchés de nuit on peut faire des choses différentes: se restaurer, manger des spécialités locales comme les têtes de canard. Ensuite il y a beaucoup des salles des jeux. Et surtout autour des magasins il y a différents magasins : des vêtements, d’animaux domestiques mais il y aussi du cinéma en fonction de marchés de nuit. Il y en a partout.
C’est une habitude taïwanaise de s’arrêter à plusieurs marchands de nourriture. A Taiwan on mange tout le temps. Les repas à Taiwan sont plus petits, on peut goûter en plusieurs. Sur un stand on va trouver du tofu, sur un autre stand des desserts, la gelée noire ou verte. Donc on s’arrête de temps en temps. La boisson également.
Chung Hsaun : A part d'aller aux marchés de nuit on fait du sport, on va sur Internet.
Quels sont pour vous les avantages d’un séjour à l’étranger ?
Nicolas : La pratique de la langue. Pour les français Taiwan est très pratique parce qu’en dehors de l’université, en dehors de quelques banques de la capitale ou quelques policiers personne ne parle pas l’anglais. Donc ça nous oblige en tout cas à pratiquer la langue étrangère de manière quotidienne, à moins qu’on soit accompagné de quelqu’un d’un autre étudiant. On est obligé de parler le chinois.
Est-ce que vous avez des conseils pour les étudiants qui aimeraient partir à l’étranger ?
Nicolas : Concernant la préparation, les prix à Taiwan sont moins élevés, donc prévoir beaucoup d’argent ce n’est pas la peine, d’autant plus que la banque échange le traveller chèque, il faut aller à la capitale. Les vêtements on peut les acheter à Taiwan, ils ne sont vraiment pas chers et c’est inutile de remplir sa valises et surtout pas vêtements chauds parce qu’ils sont inutiles. Moi j’avais pris le traveller chèque pour éviter d’utiliser ma carte bancaire et donc pour payer les frais supplémentaires. Il faut aller à la capitale pour les échanger. Au niveau de vaccination il n’y a pas des maladies particulières. Il faut quand même parler avec les taïwanais avant de partir si on a des questions bien précises.
Chung Hsaun : C’est bien d’étudier en France avant de l’âge de 25 ans. Il y a beaucoup de réductions pour les étudiants dans les musées et pour le transport. A Taiwan il n’y pas de choses similaires. L’aide au logement est aussi très pratique.
Nicolas : Le chinois qu’on étudie en France c’est le chinois simplifié avec une écriture simplifiée. Si on va à Taiwan sans essayer de connaître les signes non simplifiés, ça risque d’être difficile. Si on sait un minimum de chinois mais ne connaît pas les signes non simplifiés on ne peut pas s’attendre à tout comprendre. Une utile préparation est l’apprentissage du chinois. Comme ça on n’a pas ce travail à faire quand on est en train d’étudier la langue.
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